Mardi 30 mai 2006

Ce dimanche, l’émission « Arrêt sur Image », sur la cinq, était consacrée, dans sa dernière partie, au traitement médiatique de ce qu’il convient d’appeler maintenant « l’affaire Ayaan Hirsi Ali ».

Etaient invités par Daniel Schneidermann Caroline Fourest et Olivier Roy. Parmi les cautions universitaires de l'islam politique, ce dernier n'est pas la plus négligeable. Directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, sa carte de visite est une aide fort utile à une cause gourmande de l'argument autorité. Son propos s'inscrit remarquablement dans le mélange de tromperie et d'illusion entretenu par l'islamogauchisme. Et comme toujours, quand une thèse ne résiste pas à l'observation, on manipule les faits.

Olivier Roy, avec le concours des Editions Stock s'était abandonné à cette basse pratique de la décapitation politique dans un livre dont on appréciera le titre : "La laïcité face à l'islam". On imagine mal en effet, sous sa plume, le titre inverse : "L'islam face à la laïcité"... Le chercheur y relayait les calomnies proférées par Xavier Ternisien, Vincent Geisser et le MRAP à l'encontre de notre collaborateur Jocelyn Bézecourt en voulant, par là, atteindre le camp laïque, dont l'UFAL et Respublica. Mal lui en prit puisque les Editions Stock ont reconnu le caractère injurieux de ces écrits et s'étaient engagées à ne pas les reproduire dans les éventuelles éditions ultérieures. Mais il en faudrait plus pour tempérer la collaboration de Roy avec les fanatiques. Sa présence au congrès de l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) en 2005, et renouvelée en 2006, assure de sa fidélité à la cause de l'organisation proche des Frères Musulmans. Etonnante dérive d'un intellectuel qui, en 2001, dénonçait pourtant le prosélytisme de l'UOIF et de Tariq Ramadan (Colloque "L'intégrisme islamique en France et en Europe", Paris, 7 et 8 avril 2001), considérés aujourd'hui comme beaucoup plus fréquentables...

Voici donc présenté l’homme qui devait donner la réplique à Caroline Fourest, bête noire des islamistes et des gauchistes d’Allah. Il eut trois interventions qui illustrent l’aveuglement, ou bien la duplicité, du personnage. Ayaan Hirsi Ali a dit avoir subi un mariage truqué. Première intervention, dans un style très instituteur et donneur de leçons : « On confond toujours, en occident, un mariage arrangé et un mariage forcé, ce n’est pas du tout la même chose ». Et d’expliquer la subtilité de la nuance : un mariage forcé se fait sans l’accord des parents, alors qu’un mariage arrangé, les parents sont d’accord. Donc, Ayaan a menti, puisqu’elle a parlé de mariage forcé, alors qu’il était arrangé !

Caroline Fourest, avec son sang-froid habituel, saura répondre qu’il faut être un homme pour ouvrir une polémique sur de telles subtilités, et que le fait essentiel, selon elle, était que la jeune femme n’était pas d’accord pour épouser un homme qu’elle n’avait pas choisi. Elle sut affirmer qu’entre le témoignage de la victime et celui des bourreaux, son choix était fait.

Sonné, Olivier Roy voulut contre-attaquer. Après le passage du documentaire à charge, où on entendait le mari, au téléphone, affirmer que sa femme était consentante dans leur mariage, et la tante, toute voilée, mais de dos, Caroline Fourest eut beau jeu de démontrer que, pour un mari qui comblait une femme qui l’avait librement choisi, il n’était pas d’un extrême courage pour défendre sa copie, refusant de parler à visage découvert. Elle tint aussi à souligner que l’islam n’empêchait la tante de s’exprimer devant la caméra, même voilée de la tête aux pieds, plutôt que de tourner le dos. Caroline put donc facilement démontrer que le documentaire, au contraire, renforçait la version d’Ayaan, de par la posture de ses deux principaux détracteurs, l’ancien mari et la tante. Beaucoup trop simple, pour un directeur de recherches au CNRS. « Etes-vous certains que ce n’est pas le réalisateur qui leur a demandé de tourner le dos à la caméra, pour faire du sensationnel ? » interpella l’ami de l’UOIF. Même Daniel Scheidermann en fut un moment soufflé, avant de lui démontrer l’énormité de son hypothèse, au niveau journalistique.

Il restait la conclusion. Bien sûr, on parla du prochain départ de l’ancienne députée hollandaise aux Etats-Unis, et de sa prise en charge par une organisation proche des neo-conservateurs américains. Croyant tenir sa revanche, Olivier Roy, sans trop en faire, voulut insister sur l’instrumentalisation, depuis toujours, d’Ayaan par la droite conservatrice, et cru bon d’ironiser sur les contradictions que ses choix allaient connaître, avec ses nouveaux protecteurs. Bref, les attaques d’Ayaan contre l’islam étaient manipulées depuis toujours par la droite catholique, bas les masques !

Là encore, Caroline fut excellente, sans trop en faire. Elle sut rappeler qu’Ayaan était une femme de gauche, athée, féministe, qu’elle avait découvert le racisme de la conception multiculturelle de la gauche aux Pays-Bas, et que, pour continuer son combat, elle avait dû changer de cap, et s’inscrire chez les libéraux. Tout en disant qu’elle regrettait le choix d’Ayaan, et qu’elle avait beaucoup écrit contre ses nouveaux protecteurs, elle sut dire qu’elle, Caroline Fourest, ne donnerait jamais de leçons de Paris à une militante qui a traversé toutes ces épreuves (excision, port du voile obligatoire, mariage forcé) depuis son enfance. Elle sut dire avec force que, quand on vit sous haute protection depuis plusieurs années, avec des gardes du corps présents 24 heures sur 24, et qu’on est menacé de mort, on a le droit de choisir une solution qui préserve sa liberté et sa vie, et surtout pas celui de juger confortablement cette femme depuis un plateau de télé parisien. Bravo à Daniel Schneidermann pour son animation, bravo à Caroline Fourest pour la qualité de sa démonstration. Quant à Olivier Roy, il lui reste les colonnes d’oumma.com, celles des Indigènes de la République (islamique) ou bien le prochain congrès de l’UOIF pour essayer de calomnier Ayaan Hirsi Ali et ceux qui la défendent.

Jeanne Bourdillon

par Caroline Brancher publié dans : Vidéos Prochoix
Mercredi 17 mai 2006

Tariq Ramadan n’est plus à présenter, il a été la coqueluche des médias et surtout l’ami de certains alter mondialistes refusant de voir en lui un idéologue de l’intégrisme politique.
Après la sortie du livre « tirs croisés, la laïcité à l’épreuve des intégrismes juifs, chrétien et musulman » de Fiammetta Venner et de Caroline Fourest, je savais comme beaucoup d’autres qu’un nouveau livre en préparation allait démystifier le cas Tariq Ramadan, afin de lever le voile qui masque encore la personnalité et les idées du fameux prédicateur...
Je viens donc de recevoir le livre étude écrit par Caroline Fourest.
C’est avant tout, non un travail de description mais d’analyse très méticuleuse, Caroline Fourest ne laissant rien au hasard, apportant les preuves de ce qu’elle avance :
Plus de 600 annotations de bas de pages donnant les références de tel discours, de telle cassette... C’est un travail de Pénélope qui est effectué, livrant une œuvre pleine, très argumentée et passionnante. La première partie évoque le parcours initiatique et politique de Tariq Ramadan, inscrivant sa réflexion et son action dans l’héritage du fondateur des frères musulmans et de son propre père, continuateur de l’œuvre d’Hassan Al Banna.
Il ne s’agit pas de reprocher à Tariq Ramadan son ascendance mais de rappeler, qu’il s’agit pour « l’intellectuel » de reconnaître la filiation politique tout en refusant d’admettre que les Frères musulmans constituaient un groupe violent et réactionnaire : « Tariq Ramadan nie totalement la responsabilité historique de son grand-père dans le développement du recours à la violence au nom de l’islam ».
Après cette entrée en matière, l’auteure analyse les déclarations de Tariq Ramadan, qu’il s’agisse de ses déclarations devant les micros ou devant des parterres d’adeptes ou de jeunes musulmans.
Elle prouve en s’appuyant sur des documents ou des déclarations que le prédicateur a deux discours qui ne s’opposent souvent que sur la forme. « Je dois développer un discours à la mesure de l’oreille de celui qui l’écoute, je dois aussi reconnaître les dispositions de cette oreille »dit-il...Le résultat obtenu est en général conforme aux objectifs visés.
Tariq Ramadan forme, soutient les islamistes les plus radicaux dénonçant les musulmans des lumières qui veulent s’inscrire dans leur époque et devenir des citoyens respectueux des lois de leurs pays.
« Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafi, au sens où le salafi essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c’est à dire qu’il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne peux pas trahir en tant que musulman »...La messe est ainsi dite au cours d’une interview accordé à Beur FM en novembre 2003 !
C’est une conception globalisante que défend le prédicateur de Genève qui n’hésite pas à s’en prendre à des grands principes comme la laïcité ou la citoyenneté . Il souhaite ainsi réformer la culture et la société de façon à ce que les lois des pays où vit tout musulman aillent vers "plus d’islam".
Il en arrive à montrer son visage intégriste, : il défend une vision patriarcale des relations hommes/femmes, incroyablement bigote sur la sexualité et parle de l’homosexualité comme d’un "déséquilibre" contre-nature... La demande d’un moratoire à propos de la lapidation des femmes au lieu d’une condamnation pure est simple, ne résulte pas d’une simple erreur de casting...
Le double langage ne peut pas masquer la réalité. Le naturel revient très vite au galop.
La troisième partie du livre de Caroline Fourest sur la stratégie et méthode nous rappelle « douloureusement » les alliances que Tariq Ramadan a réussies à nouer avec des intellectuels progressistes, des alter mondialistes, des révolutionnaires et les laïques couvrant objectivement sa politique réactionnaire.
Ces contacts, ces complicités objectives ne peuvent que désespérer tous les musulmans qui en arrivent même à être traités « d’islamophobes » par Tariq Ramadan mais aussi par des Alain Gresh, directeur du Monde diplomatique et chantre du combat social !
Le prédicateur médiatique ne doute de rien, n’évitant pas à avoir recours à la justice...Mais heureusement certains effets boomerang sont bénéfiques.
« Dans son jugement du 22 mai 2003, la cour d’appel de Lyon estime que les discours de prédicateurs comme Tariq Ramadan « peuvent exercer une influence sur les jeunes islamistes et constituer un facteur incitatif pouvant les conduire à rejoindre les partisans d’actions violentes ».
Souhaitons que ce livre, œuvre maîtresse puisse enfin réveiller les consciences endormies et faire comprendre à ceux qui refusent de voir, que Tariq Ramadan a comme premier objectif l’enfermement confessionnaliste de toute une population, obtenu grâce à la caution « anti raciste » de ceux-là même qui sont censés lutter pour les droits de l’homme !

par Jean Francois Chalot (Source : Mouvement des Maghrébins Laïques de France)

« Frère Tariq » discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan par Caroline Fourest chez Grasset 425 pages 19,5 € octobre 2004

par Caroline Brancher publié dans : Lectures
Mardi 16 mai 2006

Wafa Sultan, psychologue arabe américaine : Il n’y a pas de conflit de civilisations mais un conflit entre la mentalité du Moyen-âge et celle du 21ème siècle.

Voici des extraits d’une interview de la psychologue arabe américaine Wafa Sultan. L’interview a été diffusée sue Al-Jazira le 21 février 2006.

Wafa Sultan : "Le conflit auquel nous assistons n’est pas un conflit de religions ou de civilisations. C’est un conflit entre deux opposés, entre deux époques. C’est un conflit entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une autre qui appartient au 21ème siècle. C’est un conflit qui oppose la civilisation au retard, ce qui est civilisé à ce qui est primitif, la barbarie à la raison. C’est un conflit entre la liberté et l’oppression, entre la démocratie et la dictature. C’est un conflit entre les droits de l’Homme d’une part, la violation de ces droits de l’autre. C’est un conflit qui oppose ceux qui traitent les femmes comme des animaux à ceux qui les traitent comme des êtres humains. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui n’est pas un conflit de civilisations. Les civilisations ne s’affrontent pas ; elles se complètent.

(...)

Animateur : Si je comprends bien, vous dites que les événements actuels représentent l’opposition de la culture occidentale au retard et à l’ignorance des musulmans ?

Wafa Sultan : Oui, c’est ce que je dis.

(...)

Animateur : Qui a inventé le concept de conflit de civilisations ? N’était-ce pas Samuel Huntington ? Ce n’était pas Ben Laden. J’aimerais évoquer le sujet, si vous voulez bien...

Wafa Sultan : Les musulmans sont les premiers à avoir employé cette expression. Ce sont les musulmans qui ont déclenché le conflit des civilisations. Le Prophète de l’islam a déclaré : ’J’ai reçu l’ordre de combattre ceux qui ne croient pas en Allah et en son Messager.’ En divisant la population entre musulmans et non-musulmans et en appelant à combattre les autres jusqu’à ce qu’ils adoptent leurs propres croyances, les musulmans ont ouvert le conflit et déclenché la guerre. Les ouvrages et programmes islamiques regorgent d’appels au takfir et au combat des infidèles.

Mon collègue a déclaré qu’il n’offense jamais autrui dans ses croyances. Quelle civilisation au monde l’autorise à donner aux autres des appellations qu’ils ne se sont pas choisies eux-mêmes ? Une fois, il les appelle ’Ahl Al-Dhimma’, une autre fois ’le Peuple du Livre’ ; une autre fois encore, il les compare à des singes et des porcs, où il appelle les chrétiens ’ceux qui éveillent la colère d’Allah’. Qui vous a dit qu’ils sont le ’Peuple du Livre’ ? Ils ne sont pas le Peuple du Livre ; ils sont le Peuple de nombreux livres. Tous les ouvrages scientifiques utiles que vous possédez aujourd’hui sont à eux ; c’est le fruit de leur libre pensée et de leur créativité. Qui vous donne le droit de les appeler ’ceux qui éveillent la colère d’Allah’ ou ’les égarés’, pour venir ensuite raconter que votre religion vous défend d’offenser les croyances d’autrui ?

Je ne suis ni chrétienne, ni musulmane, ni juive. Je suis un être humain laïque. Je ne crois pas à surnaturel, mais je respecte le droit d’autrui à y croire.

Dr Ibrahim Al-Khouli : Etes-vous hérétique ?

Wafa Sultan : Appelez-moi comme vous voudrez. Je suis un être humain qui ne crois pas au surnaturel...

Dr Ibrahim Al-Khouli : Si vous êtes hérétique, il ne sert à rien de vous faire des reproches, vu que vous avez blasphémé contre l’islam, contre le Prophète et le Coran...

Wafa Sultan : C’est un problème personnel qui ne vous concerne pas.

(...)

Wafa Sultan : Mon frère, vous pouvez croire aux pierres tant que vous ne me les lancez pas dessus. Vous êtres libre d’adorer qui vous voulez, mais les croyances des autres ne vous regardent pas, qu’ils croient que le Messie est Dieu, fils de Marie, ou que Satan est Dieu, fils de Marie. Laissez les gens croire en ce qu’ils veulent.

(...)

Wafa Sultan : Les Juifs ont derrière eux la tragédie de l’Holocauste et ont [néanmoins] obligé le monde à les respecter au moyen de leur savoir, non de leur terreur ; [ils ont forcé le respect du monde] par leur travail, non en pleurant et en criant. L’humanité doit la plus grande partie des découvertes et de la science des 19ème et 20ème siècles aux scientifiques juifs. 15 millions de personnes, éparpillées à travers le monde, se sont unies pour gagner leurs droits grâce à leur travail et à leurs connaissances. Nous n’avons pas vu un seul Juif se faire sauter dans un restaurant allemand. Nous n’avons pas vu un seul Juif détruire une église. Nous n’avons pas vu un seul Juif protester en commettant des meurtres. Les musulmans ont transformé en décombres trois statues de Bouddha. Nous n’avons pas vu un seul bouddhiste réduire en cendres une mosquée, tuer un musulman ou incendier une ambassade. Seuls les musulmans défendent leurs croyances en brûlant des églises, en tuant, en détruisant des ambassades. Cette façon de faire ne donnera aucun fruit. Les musulmans doivent se demander ce qu’ils peuvent faire pour l’humanité avant d’exiger que l’humanité les respecte."

par Caroline Brancher publié dans : Féministe
Lundi 8 mai 2006

Evangélistes et mouvement prolife aux Etats Unis. Catholiques traditionnalistes proches du FN en France. Juifs ultra-orthodoxes en Israël. Frères Musulmans en Europe et dans les pays arabes...

Les intégrismes des trois monothéismes poursuivent les mêmes objectifs : soumission des femmes, refus de l'émancipation féminine, haine partagée des homosexuels, opposition aux droits sexuels et reproductifs, intolérance culturelle. Les intégristes sont capables de manipuler les textes sacrés à leur avantage pour étendre leur pouvoir de domination. Les intégristes juifs, chrétiens et musulmans se détestent mais sont capables de s'unir lorsqu'il s'agit de s'opposer aux droits des femmes et des homosexuels. Les intégrismes juif, chrétien et musulman ont potentiellement le même pouvoir de nuisance, s'opposent farouchement à la laïcité et sont également capables d'avoir recours à la violence et de tuer au nom de Dieu : attentats kamikazes en Israël, assassinat de médecins pratiquant l'avortement aux Etats Unis ... Mais leur influence n'est pas la même selon que ces intégrismes s'exercent dans une démocratie ou une théocratie. Par exemple, en Arabie Saoudite (Wahhabisme) ou en Iran (extrémisme chiite), l'intégrisme musulman ne rencontre pas de contre pouvoir. Alors qu'aux Etats Unis, le discours des intégristes chrétiens se heurtent à l'opinion publique et à des mouvement féministes et gays et lesbiens importants. C'est ce que nous démontrent Caroline Fourest et Fiammetta Venner tout au long de ce livre très documenté, riche en références bibliographiques et décortiquant les textes religieux de la Bible, de la Torah et du Coran.

Les auteurs font une juste critique de la politique de Bush en Irak. Bush, qui se sent investi d'une mission divine et qui n'a pas de comptes à rendre à la communauté des hommes, n'a fait que favoriser le sentiment anti-Occidental en envahissant l'Irak et donc l'intégrisme musulman. Bush prétend vouloir combattre le terrorisme alors que pour l'éradiquer il faudrait déjà lutter contre l'intégrisme. C'est en effet l'intégrisme qui est la source du terrorisme. Décapiter l'intégrisme c'est décapiter du même coup le terrorisme. Le rôle joué par les ultra-orthodoxes juifs dans le conflit israélo-palestinien est également abordé. Les ultra-orthodoxes détestent les juifs laïques et préfèreraient vivre dans un pays dominé par les intégristes musulmans que dans un Israël laïque. Les ultra-orthodoxes portent de sérieux coups au processus de paix. 

L'intégrisme musulman est aujourd'hui l'intégrisme le plus menaçant. C'est le terrorisme musulman qui est incontestablement le plus spectaculaire depuis les attentats du 11 septembre. Dans les pays arabes, l'absence de démocratie, la faiblesse de l'éducation, la corruption, l'autoritarisme et le manque d'ouverture sur le monde provoquent un sentiment de frustration qui pousse les populations vers l'intégrisme musulman. Cette montée de l'intégrisme musulman est renforcée par le fait que les lois et le religieux ne sont pas séparés. Les populations vivent sous la loi coranique et sont sensibles aux discours des islamistes qui réclament plus d'Islam. Les islamistes rejettent toute idée de modernisation prétextant que celle-ci est une invention de l'Occident. Mais c'est sans rappeler que seule la modernité peut permettre à l'Orient de rattraper voir de dépasser l'Occident. Si l'Orient continue de se réfugier dans l'archaïsme, l'Occident conservera son rôle de dominant.

Les manifestations anti-terroristes au Maroc et la révolte des étudiants Iraniens représentent un immense espoir d'émancipation. Les aspirations à la liberté et à la modernité doivent venir d'en bas et ne pas être imposées par l'Occident car elles seraient aussitôt considérées comme illégitimes.

Ce livre défend ardemment l'idéal laïque qui apparaît comme le seul rempart pour nous protéger des intégrismes. Ce livre dément également ceux qui essayent de nous faire croire à un choc des civilisations ou de faire endosser à l'Islam tout le monopole de la violence et de la haine.

Livre à lire absolument.

Caroline Brancher

par Caroline Brancher publié dans : Lectures
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