Dimanche 18 juin 2006
Quelques réflexions sur les émeutes de novembre 2005, l’insécurité, l’immigration, le racisme et l’intégrisme.
 
Ce texte est une réaction à ce que j’ai pu entendre sur les émeutes de novembre 2005 et notamment sur l’insécurité, l’immigration, le racisme et l’intégrisme, sujets dont on a beaucoup parlé depuis les émeutes.
Ce texte est dédié à la mémoire de Jean-Claude Irvoas battu à mort pour avoir photographié un réverbère, à la mémoire de Zyed Benna et Bouna Traore brûlés vifs dans un transformateur EDF, à la mémoire de Jean-Jacques Le Chenadec décédé à l’hôpital suite à son agression à Stains et à la famille de cette femme handicapée et grièvement brûlée lors d’une attaque de bus..
 
Causes des émeutes : discriminations, précarité, justice défaillante
 
Les émeutes n’ont été expliquées qu’à travers le prisme du chômage et des discriminations ce qui est simpliste.
La précarité et l’exclusion peuvent pousser à la révolte. C’est un fait.
Mais, l’embrasement des banlieues, dont le catalyseur a été la mort des deux jeunes électrocutés à Clichy-sous-bois, est aussi le résultat d’une délinquance (notamment juvénile) ayant atteint son paroxysme.
Ce nouveau phénomène de délinquance juvénile (qui ne doit pas être confondu avec le crime organisé même si celui ci sévit lui aussi dans les banlieues) s’est considérablement accru ces dernières années.
Il touche des délinquants de plus en plus jeunes et de plus en plus violents. Ces délinquants se rassemblent en bandes de jeunes asociaux rebelles qui ne se complaisent que dans les incivilités, les dégradations, les vols, les viols, les voitures brûlées, le refus de toute autorité.
Cette délinquance juvénile est devenue un problème très préoccupant pour l’avenir de notre société auquel il faudra trouver des réponses sans tarder.
 
Comment en sommes nous arrivés là ?
L’échec scolaire, le chômage et la pauvreté, provoquent un sentiment de désœuvrement et d’exclusion qui peuvent conduire à la délinquance. C’est indéniable.
Mais le discours consistant à systématiquement victimiser les jeunes délinquants les a confortés dans l’adoption de comportements violents à l’égard de la société.
Le laxisme de la justice a provoqué un sentiment d’impunité chez les délinquants. La non application des peines (notamment les courtes peines), le manque de fermeté et de sanctions exemplaires face aux actes les plus graves encouragent les délinquants à repousser toujours plus loin les limites (1)
 
Lorsque les autorités sont incapables de sanctionner durablement la violation des lois, lorsque l’Etat n’assume plus son rôle de gardien de l’ordre, la délinquance et la criminalité ne peuvent qu’exploser.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les voitures brûlent en banlieues et que les policiers et les pompiers y sont caillassés. Cette situation existe et perdure depuis des années parce qu’on a refusé d’appeler les choses par leur nom. Elle a atteint un point culminant en novembre 2005 ce qui était à prévoir depuis bien longtemps.
 
Dans les médias, on parle fréquemment des discriminations ethniques dont sont victimes les jeunes issus de l’immigration pour expliquer les émeutes et, plus généralement, le phénomène de délinquance dans les quartiers.
Ces discriminations ethniques sont une réalité c’est un fait. Mais les raisons qui poussent à discriminer ne sont jamais pleinement évoquées. C’est pourtant nécessaire car comprendre les mécanismes qui poussent à l’exclusion peut permettre de les enrayer durablement.
Les discriminations ethniques découlent d’abord du racisme. Par définition, le racisme est l’affirmation mensongère de l’existence d’une hiérarchisation des races où des races dites « supérieures » devraient dominer des races dites « inférieures ». Ce racisme a justifié l’apartheid en Afrique du Sud et le régime d’Hitler. Mais le racisme est aujourd’hui un mécanisme beaucoup plus pervers car il a plusieurs origines :
-          Racisme et xénophobie
Une partie des Français rejette et n’accepte pas les fils et filles d’immigrés en tant que citoyens Français à part entière. Ceci est dû à :
  • Un racisme à l’égard des populations issues des anciennes colonies françaises (notamment africaines et nord africaines) qui est encore ancré dans une partie de la société.
  • Un problème d’évolution des mentalités. En effet, chaque vague d’immigration s’est faîte dans la douleur.
Depuis les années 60, les vagues d’immigration successives ont transformé la France. La France a désormais un visage multiethnique. Actuellement, la pauvreté des pays du sud pousse des populations entières à fuir la pauvreté pour tenter leur chance en Europe. L’immigration, que celle ci soit légale ou illégale, s’est fortement intensifiée ces dernières années. L’Etat Français a été incapable de mettre en œuvre une véritable politique de l’immigration et de lutter contre l’immigration clandestine. Des Français ont, à tort ou à raison, peur de voir leur identité s’estomper et s’effacer face à cette intensification de l’immigration (2). Cette crainte alimente la peur de l’étranger.
Le fait que certains immigrés conservent des comportements misogynes ou importent de leur pays d’origine des modes de vie incompatibles avec le nôtre (comme la polygamie) n’ont contribué qu’à favoriser le racisme.
-          La violence des bandes des quartiers
Les banlieues sont en majorité composées de 50% à 85% d’afro maghrébins. (3)
Le chômage de trois à quatre fois supérieur à la moyenne nationale (4), la précarité et une justice laxiste, ont permis à la délinquance et à la violence de s’y installer durablement pourrissant ainsi la vie de tous les habitants des quartiers.
Composées en majorité de jeunes d’origine afro maghrébine, les bandes, par leur violence gratuite, leur brutalité et l’individualisme exacerbé de leurs membres, renvoient une image ultra négative de leur communauté et de leur quartier. Même si ils ne représentent qu’une minorité des jeunes des banlieues, ils sont très visibles et ils ne peuvent alimenter que le rejet voir la haine des français de souche et du reste de la société.
-          Le relativisme culturel
Tolérer des pratiques contraires aux Droits de l’Homme (comme la polygamie ou l’excision) sous prétexte qu’il faut respecter la culture de l’autre ne fait que renforcer chez les Français un sentiment d’absence de valeurs communes entre eux et les immigrés. 
Aux yeux des Français, ce sentiment d’absence de valeurs communes rend alors impossible toute possibilité (voir même toute volonté) de vivre ensemble.
-          L’angélisme et le politiquement correct
Les intellectuels de gauche ont également de lourdes responsabilités dans la situation actuelle. Au nom du « combat contre le racisme », ils ont pendant des années toléré l’intolérable, excusé l’inexcusable. Les intellectuels de gauche ont volontairement fermé les yeux et tenté d’occulter une réalité qui devient chaque jour de plus en plus inquiétante.
Quiconque évoquait des sujets tabous comme le malaise des banlieues ou l’immigration était automatiquement accusé de racisme.
Cette stratégie, qui consiste à mettre mal à l’aise son interlocuteur en le traitant de « raciste » et de « xénophobe » pour le forcer à se taire, a instauré une véritable dictature de la pensée rendant impossible toute possibilité de débat.
Ces intellectuels, qui voulaient combattre le racisme, ont en réalité provoqué tout l’effet inverse. Souffrant de la délinquance et de la violence au quotidien, privés de toute possibilité de parole et abandonnés à leur souffrance, des citoyens, devenus alors de véritables révoltés, se sont précipités tout droit dans les bras du Front National. Le politiquement correct de gauche s’est reçu une gifle cinglante un soir de 21 avril 2002.
 
Ni Sniper ni Légion 88
Les groupes de rap ont été accusés d’avoir une part responsabilité dans les émeutes. En effet, certains groupes de rap distillent dans leurs chansons la haine anti-française.
Certains ont rétorqué en prétextant que « tout le monde ne passe pas à l’acte suite à l’écoute de ces paroles ». Certains ont même attribué les paroles de rap haineuses à de la « liberté d’expression »
Des paroles comme « J'ai envie de dégainer sur des faces de craies », « J'aimerais voir brûler Panam au napalm sous les flammes façon Vietnam, « c'est pour niquer la France Guerre raciale » (5) ont été attribuées à de la « liberté d’expression »
Ces mêmes personnes nous parleraient-elles encore de « liberté d’expression » si les ondes radio martelaient « Mon pote au surin éventre un ou deux noirs, ,A coups de manches de pioches on éclate les youpins, Nos marches guerrières font frémir les frisés » ? (6)
Il faut savoir faire preuve d’honnêteté intellectuelle.La liberté d’expression s’arrête là où commence l’incitation à la haine. Tout comme les groupes de musique néo-nazis, les groupes de rap hardcore doivent être poursuivis, condamnés, censurés. Par leurs propos orduriers et irresponsables, ils ne font que radicaliser ceux qui sont visés par leur message de haine. Ils contribuent donc à faire monter la tension d’un cran et à dresser les communautés les unes contre les autres.
 
La « révolte » des émeutiers
 
A part à Aulnay-sous-bois où des explications sur les circonstances entourant la mort des deux jeunes électrocutés ont été réclamées, les émeutiers, par l’absence de revendications, ont démontré qu’ils n’avaient aucune conscience politique.
Pourtant, des sociologues et intellectuels (ou encore des mouvements comme celui des indigènes de la République qui a réclamé l’amnistie pour les émeutiers) justifient et excusent la violence des émeutiers à cause des humiliations subies. Ils considèrent les émeutes comme l’expression d’une juste révolte. Cette révolte est pour eux :
-          La révolte d’une jeunesse face à la précarisation et à un avenir incertain fait de chômage et de discriminations.
-          Ou la révolte contre une République jugée mensongèrement de « raciste et coloniale »
 
Parler de « révolte » sans faire de distinction entre les émeutiers est simpliste et réducteur. Il faut distinguer plusieurs profils d’émeutiers :
-          Les révoltés
Les jeunes de banlieues sont fréquemment discriminés à l’emploi et au logement à cause de leur appartenance ethnique et/ou leur lieu de résidence. Les humiliations et/ou violences de la part de certains policiers (notamment lors de banales contrôles d’identité) sont également une réalité. Par sentiment de révolte, des jeunes ont donc participé aux émeutes.
-          Les casseurs
Ces dernières années, la violence des casseurs a encore monté d’un cran pendant les manifestations lycéennes de 2005 et les manifestations anti-CPE de mars 2006. (7)
Si, il y a quelques années, des casseurs profitaient des manifestations lycéennes et étudiantes pour piller, ils agressent aujourd’hui avec une violence inouïe manifestants et journalistes.
Les casseurs n’ont que la haine pour seul mode d’expression. Ils ont simplement profité des émeutes pour la mettre en pratique. Ils rejettent toute forme d’autorité, ils rejettent nos institutions (police, école, pompier) Tout n’est que haine de l’autre poussée à son extrême, tout n’est que plaisir de détruire, terroriser et s’attaquer à plus faible que soi.
Mettre le feu à une handicapée, battre à mort un père de famille sont l’expression même de cette haine transformée en barbarie la plus abjecte ; cette barbarie qui est en train de se banaliser sur le territoire français comme en témoignent le meurtre de Ilan Halimi, torturé à mort dans une cave, ou encore Sohane et Shéhérazade, brûlées vives, et Gofrane massacrée et défigurée à coups de pierre, toutes les trois ayant refusé les avances d’un garçon.
Brûler des voitures et détruire des biens publics ont aussi servi de défouloir à des jeunes complètement désœuvrés. Des émeutiers ont également été animés par le besoin de voir leurs méfaits étalés à la une des journaux ou par l’envie de faire la compétition du nombre de voitures brûlées avec la cité voisine.
 
Les émeutiers étaient des jeunes de quartiers. Beaucoup d’entre eux étaient mineurs. Et ils étaient majoritairement d’origine afro maghrébine.
L’extrême droite en a donc profité pour amalgamer tous les jeunes des banlieues à des délinquants. L’extrême droite a également ressorti sa thèse de prédilection sur l’immigration : « les immigrés détestent la France et ne veulent pas s’y intégrer »
Les banlieues, abandonnées au chômage et à la délinquance depuis des années, sont en majorité composées de 50% à 85% d’afro maghrébins. Il n’y a donc rien d’étonnant à trouver une majorité d’afro maghrébins parmi les émeutiers.
Des Blancs ont aussi participé aux émeutes au côté des Noirs et des Arabes. La délinquance n’est pas propre aux immigrés.
Il faut également rappeler que les émeutiers n’ont représenté qu’une minorité des jeunes de banlieues. Dans leur grande majorité, les jeunes de banlieues ne souhaitent qu’être acceptés comme citoyens à part entière et vivre en paix avec le reste des Français (8)
 
Si on peut comprendre la colère ressentie face à l’injustice, on ne peut que condamner fermement les actes des émeutiers. Subir une injustice n’a jamais donné le droit d’en commettre une autre. Subir une injustice n’a jamais donné le droit de détruire les biens d’autrui et encore moins d’incendier des écoles et des crèches. Ce sont les plus pauvres et les plus démunis qui ont été victimes de cette violence.
Ce sont eux qui mériteraient d’être entendus et défendus. Pas les émeutiers.
Excuser une telle violence est donc en soi profondément révoltant. La légitimer c’est d’ores et déjà préparer un futur 21 avril 2002.
 
Les émeutiers, minorité des jeunes de banlieues, n’ont réussi qu’à isoler un peu plus les habitants des quartiers déjà lourdement pénalisés par la pauvreté et le chômage. Ils n’ont fait que creuser encore davantage le fossé d’incompréhension qui sépare les banlieues du reste de la France.
Les émeutiers ont discrédité les jeunes qui n’ont pas recours à la violence et qui essayent de s’en sortir dignement. Les émeutiers ont balayé et réduit à néant tous les efforts entrepris par ceux et celles qui souhaitent que le vivre ensemble devienne une réalité.
Les émeutiers et l’incapacité de l’Etat français à enrayer rapidement les émeutes (qui ont duré plusieurs semaines) ont contribué à banaliser les idées l’extrême droite dans l’opinion publique.
A un an de l’échéance électorale de 2007, l’extrême droite est aujourd’hui beaucoup plus haute dans les sondages qu’en 2001 (c’est à dire un an avant la présidentielle de 2002) (9)
 
Solutions pour l’avenir
Les banlieues ont, au fil des ans, cumulé toutes les difficultés : chômage, délinquance, discriminations, apartheid social, désengagement de l’Etat, promiscuité et concentration de population, laxisme de la justice, immigration illégale, économie souterraine, drogue, perte des valeurs civiques, rupture du dialogue entre parents et enfants, difficultés des familles monoparentales, faillite du système scolaire.
Le désengagement de l’Etat, la lâcheté des politiques qui ont refusé d’affronter les problèmes, le politiquement correct n’ont fait qu’envenimer la situation.
Le relativisme culturel et la violence des bandes n’ont fait qu’amplifier le phénomène des discriminations et du racisme.
Les discriminations ont quant à elles effrité le principe d’Egalité de notre République qui apparaît pour certains comme de la poudre aux yeux.
La somme de tous ces problèmes additionnés les uns sur les autres ont créé une situation explosive, qui peut devenir complètement ingérable d’un moment à l’autre.
Le désengagement de l’Etat a encouragé les habitants des banlieues à se replier sur eux mêmes ce qui a favorisé la montée du communautarisme.
Avoir laissé se développer les discriminations a favorisé la montée de l’islamisme. En effet, les islamistes instrumentalisent les problèmes de discriminations pour recruter dans les banlieues.
C’est donc la non application de notre modèle Républicain qui a abouti à la situation actuelle (et pas le contraire comme l’affirme de manière mensongère le prédicateur islamiste Tariq Ramadan)
Il ne faut pas continuer dans la voie du communautarisme en cédant aux revendications communautaires. Céder au communautarisme ne fera qu’accroître les tensions entre communautés. Ce n’est pas le modèle anglo-saxon qu’il faut regarder c’est l’exemple de l’ex-Yougoslavie.
Dans la société française, on assiste à une montée de toutes les formes de racisme et à la montée de mouvements qui ne cherchent qu’à dresser les communautés les unes contre les autres dans l’optique d’une confrontation.
Cette montée de la haine laisse présager une France qui risque d’éclater comme en Yougoslavie où chacun a encouragé à la détestation de son voisin après la mort de Tito. Veut on un jour que la France, pays de Voltaire, soit livrée aux mêmes bouchers que ceux qui ont ensanglanté l‘ex-Yougoslavie ?
 
Il devient donc urgent de redonner tous son sens au principe d’Egalité de notre pays et de lutter efficacement contre les discriminations et, plus généralement, contre toutes les formes de racisme.
Depuis la mort ignoble de Ilan Halimi, on assiste à une surenchère pour savoir quelle communauté souffre le plus, chaque communauté exhibant ses martyrs sans se préoccuper de la souffrance de ses voisins.
L’arabophobie existe. Le racisme anti-blanc existe. Le racisme anti-musulman (à ne pas confondre avec le terme trompeur « islamophobie » qui a été inventé pour faire taire la libre critique de l’islam) existe. Le racisme anti-noir existe. L’antisémitisme existe. Tout ses racismes se sont développés dans notre société et doivent être combattus sans aucune distinction.
Quelque soit notre communauté d’origine, chacun doit l’admettre. Il faut admettre la souffrance de l’autre. C’est la seule façon d’avancer.
 
Médiatiser et mettre sur le devant de la scène politique des personnes d’origine étrangère profondément attachées à nos valeurs Républicaines est un moyen efficace de promouvoir la diversité française. Par un discours authentique et Républicain, ces personnes peuvent faire évoluer les mentalités et faire définitivement accepter les jeunes issus de l’immigration comme des citoyens Français à part entière.
Par leur attachement à nos principes Républicains, ces personnes issues de l’immigration, certes différentes de nous par leur origine ethnique, leur appartenance à une double culture ou leur religion, non seulement renvoient une image très positive d’eux mêmes mais démontrent que, par delà les différences, nous avons en réalité un socle de valeurs communes qui nous permettent de vivre ensemble dans l’harmonie et la paix.
 
Si les citoyens français, quelque soit leur origine, sont tous égaux, ils le sont également devant la loi.
Les jeunes des banlieues en difficulté qui veulent s’en sortir méritent de trouver une main tendue. Mais ceux qui ne veulent pas de cette main tendue et qui continuent à se complaire dans l’ultra violence ne doivent recevoir aucune complaisance ni aucune pitié.
Face à des casseurs dont les actes sont dignes d’un spectacle de guerre civile, la seule réponse à apporter est celle de l’autorité et de la force parfois nécessaires pour garantir la Paix et l’Etat de Droit.
Il faut démanteler les bandes, rétablir la sécurité dans les quartiers, et éradiquer les zones de droits en utilisant les moyens adéquats.
 
Il faut s’appliquer à mettre en œuvre une véritable politique de l’emploi. Cette politique de l’emploi permettra de remettre en route l’ascenseur social et offrira ainsi une perspective d’avenir faite d’espoir aux populations des quartiers comme au reste des Français.
 
Si subventionner des associations citoyennes est utile et nécessaire, subventionner des associations communautaires ne peut qu’aggraver les problèmes. Les associations musulmanes proches des Frères Musulmans gangrènent la société française en distillant dans les banlieues l’islam politique néo-fasciste et totalitaire. Elles ne doivent en aucun cas se substituer à l’Etat.
Il faut définitivement en finir avec ce poison qu’est l’islam politique. L’islam de France n’est possible qu’avec des musulmans libéraux c’est à dire des musulmans clairement progressistes et modernistes et dont le discours sur la laïcité et l’Egalité homme femme ne souffre d’aucune ambiguïté.
L’UOIF, composante radicale du CFCM qui diffuse l’islam politique des Frères Musulmans, doit être dissoute.
Les imams étrangers ayant des prêches radicales sur notre territoire doivent être expulsés définitivement et interdits de séjour. Les islamistes ne doivent également plus pouvoir obtenir le droit d’asile dans notre pays. Les réfugiés politiques que nous avons le devoir d’accueillir dans notre pays sont les démocrates menacés de mort dans leur pays d’origine. Pas les islamistes.
 
Il faut briser le tabou de l’immigration et mettre en place une véritable politique de l’immigration qui soit humaine mais qui permette également de maîtriser efficacement les flux migratoires.
Une immigration doit être favorisée à partir du moment où les immigrés peuvent, grâce au fruit de leur travail, accéder à des conditions de vie dignes dans le pays d’accueil.
A diplômes équivalents, à travail et compétence égale, les salaires des immigrés doivent être égaux à ceux des Français. La crise économique et les difficultés sociales permettent à peine à la plupart des Français de subsister.
Comment un nouvel arrivant, parfois avec sa famille, peut-il espérer s’intégrer si son salaire est encore moindre que celui des Français et son niveau de vie encore plus précaire  ?
Les immigrés, pour être pleinement acceptés par les Français, doivent respecter nos principes Républicains notamment la laïcité et l’Egalité homme femme qui ne sont aucunement discutables.
La pauvreté ne doit plus être la principale raison qui pousse des populations entières à fuir leurs pays. Il faut donc favoriser une politique de développement durable dans les pays du tiers monde. Il faut faire pression au niveau mondial pour que les règles économiques imposées par le FMI et la banque mondiale soit revues, ces règles ne permettant pas aux petits producteurs des pays pauvres d’exporter leurs produits et de se développer durablement.
 
Il faut s’armer de courage et combattre le communautarisme qui morcelle notre République Une et Indivisible, combattre l’intégrisme qui veut briser notre principe de laïcité rempart contre l’obscurantisme, combattre l’extrême droite qui tend à faire endosser aux musulmans et aux immigrés toute la responsabilité des problèmes de la France.
Car, contrairement à ce qu’affirme un bon nombre de menteurs qui se reconnaîtront très bien en lisant ces lignes, l’ennemi n’est pas la République ni le gaulois. L’ennemi n’est pas non plus le musulman ni le juif. L’ennemi n’est ni l’immigré, ni le banlieusard.
L’ennemi c’est le communautariste, l’intégriste, le raciste. C’est lui l’ennemi que nous devons combattre jusqu’à notre dernier souffle.
 
Source :
 
(1) Banlieues en flammes, Charles Pellegrini , éditions Anne Carrière, page 43
« Le taux d’élucidation des crimes et délits est passé de 52,40% en 1972 à 28,83% en 2003. Et sur ce faible pourcentage, l’inexécution des décisions de justice a aussi de quoi décourager les gardiens de la paix. Elle atteindrait 58% pour les peines de prison ferme, et les sursis avec mises à l’épreuve ne sont effectués que dans un quart des cas »
L’Express, semaine du 9 au 15 février 2006, dossier « Ce qu’on n’ose pas dire sur la criminalité »
 
(2) Banlieues en flammes, Charles Pellegrini , éditions Anne Carrière, page 13
« Entre 1997 et 2002, le nombre de personnes étrangères qui se sont installées sur le territoire français a augmenté de 70% . Et cela ne prend pas en compte l’immigration illégale qui a atteint des seuils jamais égalés par le passé»
 
(3) Banlieues en flammes, Charles Pellegrini , éditions Anne Carrière, page 20
« La concentration des populations d’origine étrangères est particulièrement forte dans les banlieues. Elle atteint fréquemment 50% des habitants et s’élève même à 85% dans certaines d’entre elles »
 
(4) Banlieues en flammes, Charles Pellegrini , éditions Anne Carrière, page 19
« Le chômage dans ces banlieues est trois à quatre fois supérieur à la moyenne nationale »
 
(5) Extraits de chansons de groupes de rap hardcore :
 
Le groupe 113
Extrait de leurs chansons :
« J'crie tout haut : J'baise votre nation (en parlant de la France)
L'uniforme bleu, depuis tout p'tit nous haïssons
On remballe et on leur pète leur fion
(à propos des policiers)
Faut pas qu'y ait une bavure ou dans la ville ça va péter,
Du commissaire au stagiaire : tous détestés !
À la moindre occasion, dès qu'tu l'peux, faut les baise
(à propos des policiers)
Bats les couilles les porcs qui représentent l'ordre en France »
.
Le groupe Sniper
Extrait de « Nique le système » :
« Niquer l'systeme, ils auront le feu car ils ont semé la haine,
Qu'on les brûle, qu'on les pende ou qu'on les jette dans la Seine,
Elle cherche à brûler nos racines,
(les racines africaines)
Mais ya des soldats, des vrais guerriers dans l'ghetto »
.
Extraits de « J'aime pas » :
« J'aime pas ce pays la France et le latin, son système son barratin (...) ».
Extraits de « La France » :
« Pour mission exterminer les ministres et les fachos
La France est une garce et on s'est fait trahir
On nique la France sous une tendance de musique populaire
Les frères sont armés jusqu'aux dents, tous prêts à faire la guerre (...) »
.
Salif :
« Allez-y, lâchez les pitts,
Cassez les vitres, quoi
Rien à foutre, d'façon en face c'est des flics
C'est U.N.I.T.Y., renoi, rebeu, babtou, tway
Mais si on veut contrôler Paris, tu sais que ça sera tous ensemble
Ca y est les pitts sont lâchés (...)
Les keufs sont lynchés, enfin, ça soulage,
Faut que Paris crame (...)
Poitiers brûle et cette fois-ci, pas de Charles Martel
On vous élimine, puisque que c'est trop tard
La France pète. J'espère que t'as capté le concept »
.
Ministère Amer
Extrait de « Flirt avec le meurtre » :
« J'aimerais voir brûler Panam au napalm sous les flammes façon Vietnam
Tandis que ceux de ton espèce galopent
Ou 24 heures par jour et 7 jours par semaine
J'ai envie de dégainer sur des faces de craies
(face de craie = homme blanc)
Dommage (...) que ta mère ne t'ait rien dit sur ce putain de pays
(à propos de la France)
Me retirer ma carte d'identité, avec laquelle je me suis plusieurs fois torché »
.
Smala
Extrait de « meurtre légal » :
« Quand le macro prend le micro, c'est pour niquer la France Guerre raciale, guerre fatale œil pour œil dent pour dent organisation radicale, par tous les moyens il faut leur niquer leurs mères Gouers (Français) c'est toi qui perds... Flippent pour ta femme tes enfants pour ta race... on s'est installé ici c'est vous qu'on va mettre dehors ».
Extrait « Du miel les abeilles » :
« La France est un pays de putes ».
Expression Direkt
Extrait de « Au Mike j'kicke » :
« Ma bite tu peux l'astiquer ! Les arabes et les noirs vont tout niquer (...) ».
Fabe
Extrait de « L'impertinent » :
« C'est physique, biologique au bleu, blanc, rouge j'suis allergique
Je leur en fait baver, ces navets. J'peux les braver, la vie est une manif, la France une vitre et moi le pavé »
.
Ménage à 3 :
« J'parle aux boys Cé-fran (français) 98 la 3e guerre se passe maintenant
J'les saigne, faut qu'y m'craignent
On rosse les gringos
(blancs)
du front
Faut... Calotter Jean Marie et Debré, envoyer le GIA
(Groupe Islamique Armé) ».
Lunatic :
Extraits de « Violence/délinquance » :
« J'aime voir des CRS morts
J'aime les pin-pon, suivis d'explosions et des pompiers
Un jour j'te souris, Un jour j'te crève
J'perds mon temps à m'dire qu'j'finirais bien par leur tirer d'ssus.
Lunatic dans la violence incite »
.
Extraits de « Temps mort » :
« Allah à Toi seul l'homme doit toute son adoration, les vrais savent,
On a pas oublié, l'or que le pape porte au cou est celui qui nous a été pillé.
Allo c'est B2O encore en chien d'chiennes, les hyènes ressentent la tumeur et moi j'suis d'humeur palestinienne.
Qui veut la paix, prépare la guerre, j'te rappelle.
...vote pour emmener les porcs à la morgue,
Eh négro ! C'est l'heure d'manger,
Brûler leur sperme en échantillons, souder leurs chattes
J'suis pas le bienvenue, mais j'suis là, (...), j'suis venu manger et chier là.
Quand j'vois la France les jambes écartées j'l'encule sans huile.
Z'ont dévalisé l'Afrique... J'vais piller la France
Tu m'dis "la France un pays libre" (...) attends-toi à bouffer du calibre.
J'rève de loger dans la tête d'un flic une balle de GLOCK »
.
 
(6) Extrait de paroles du titre « Violence nocturne » du groupe de musique néo-nazi Légion 88
Lire l’histoire de Légion 88 sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Legion_88
 
(7) Hebdomadaire Marianne, semaine du 1er au 7 avril 2006, article « Casseurs, l’ultra violence des petits barbares des cités ».
 
(8) Hebdomadaire Marianne, semaine du 12 au 18 novembre 2005
« Les pyromanes, casseurs et émeutiers, tous additionnés, représentent, au maximum, entre 5% et 10% des jeunes des cités. Parmi eux, 20% de « Gaulois », 30% de Noirs, 50% de Maghrébins. Pendant les émeutes, de 90% à 95% de ces jeunes sont enfermés chez eux auprès de leur famille et tremblent de peur»
 
(9) Le Nouvel Observateur, semaine du 1er au 7 juin
« A un an de la présidentiel, Le Pen est plus haut qu’il ne l’était en 2001. A l’époque, il était crédité de 6% des suffrages par Ipsos, de 8% par CSA, de 8,5% par la Sofres. Aujourd’hui, il est déjà à 10% selon la Sofres, entre 11% et 14% selon l’Ifop. »
 
Autres sources :
Hebdomadaire Marianne, semaine du 5 au 11 novembre 2005
Hebdomadaire Marianne, semaine du 12 au 18 novembre 2005
Hebdomadaire Marianne, semaine du 19 au 25 novembre 2005
Hebdomadaire Marianne, semaine du 26 novembre 2005 au 25 décembre 2006
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par Caroline Brancher publié dans : Réfléxion
Dimanche 7 mai 2006

Le député UMP du Gar, Jean-Marc Roubaud, a déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi (n°2895) visant à « interdire les propos et les actes injurieux contre toutes les religion ». Concrètement, M.Roubaud souhaite ajouter la ligne suivante à la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse: « Tout discours, cri, menace, écrit, imprimé, dessin outrageant, ou affiche, portant atteinte volontairement aux fondements des religions, est une injure» et est par conséquent passible d’une condamnation juridique. Jean-Marc Roubaud rejoint Mouloud Aounit, président du MRAP, qui souhaitait déjà une loi anti-blasphème en 2005.

Un des acquis de la Révolution Française est de garantir la liberté de conscience et de protéger les athées et les agnostiques des persécutions religieuses. Comme le démontre l'histoire de France, c'est la libre critique de la religion qui a permis la relativisation des textes religieux et leurs adaptations à la modernité ainsi que l'émancipation des êtres humains. Cette proposition de loi est un véritable danger car elle déroule un boulevard aux intégrismes. Comme le démontre les affaires Rushdie (« Les versets sataniques ») et Scorsese (« La dernière tentation du Christ »), les intégristes ont toujours utilisé l’accusation de blasphème comme arme de censure contre tous ceux qui ne pensent pas comme eux.
Si une loi anti-blasphème était adoptée, les intégristes ne manqueraient pas de s’en servir pour disqualifier toute critique de leur religion. La critique des dogmes religieux et la dénonciation de l'interprétation intégriste d’une religion ne seraient plus permises.

Monsieur Roubaud justifie son initiative en ces termes: « La récente polémique sur les caricatures soulève le délicat problème des libertés d’opinion et de la presse face aux libertés de religion et de pensée, qui font elles aussi partie des principes démocratiques de notre pays». Il ajoute donc ensuite que « la liberté d’expression ne saurait donner le droit de bafouer, de désinformer ou de calomnier les sentiments religieux d’aucune communauté ou d’aucun Etat quel qu’il soi ».

En quoi critiquer une religion est-il une atteinte à la liberté de religion ?
Peut être serait-il bon de rappeler certaines vérités à Monsieur Roubaud :
Lorsqu’on critique une religion voir qu’on blasphème, dans le pire des cas, on offense les croyants. Lorsque des intégristes imposent leur loi divine à l’ensemble d’une communauté, ils privent des êtres humains de leur liberté et de leur choix. Quel est donc le plus inacceptable ? Les blasphémateurs ou les intégristes ?

Même si il est regrettable que la liberté d’expression soit parfois utilisée à des fins de provocations, elle reste le fondement de notre démocratie et ne saurait être remise en question.
L'attitude des islamistes français dans l'affaire des caricatures de Mahomet (notamment
l'UOIF qui souhaitait censurer Charlie Hebdo) justifie à elle seule la publication de ces caricatures. Nous sommes dans un Etat Laïque et il faut démontrer aux intégristes que nous ne céderons pas à leur intimidation et à leur volonté de censure.
Ce n'est pas la libre critique d'une religion ou le blasphème qui doivent être condamnés c'est l'appel au racisme et à la haine contre des personnes. C'est notamment la haine des musulmans qui est condamnable et inacceptable. C'est cette haine anti-musulmane distillée sur bon nombre de sites d'extrême droite (dont les sites
France Echos et Occidentalis en sont les dignes représentants) que monsieur Roubaud devrait s'appliquer à combattre.

La juste critique de l'Islam peut permettre aux musulmans de faire leur auto critique et d’adapter la pensée islamique à la modernité. Ceci représente un immense espoir pour les populations vivant sous le joug de la Charia.
S'opposer à la critique de la religion, c'est donc priver définitivement des populations entières à toute possibilité de liberté et d'émancipation.
En ouvrant la brèche aux intégrismes et plus particulièrement à l'intégrisme musulman qui est le plus visible et le plus dangereux à l'heure actuelle, Jean-Marc Roubaud trahit l'esprit des lumières et trahit les fondements mêmes de notre République Française. Monsieur Roubaud fait partie de cette classe politique médiocre, qui par bêtise ou calcul politique, renoue avec un obscurantisme que l'on croyait appartenir au passé.

Caroline Brancher

par Caroline Brancher publié dans : Réfléxion
Dimanche 16 avril 2006

Source : l'Express

Dans les enquêtes et discours sur les violences conjugales, le partage des rôles sonne comme une évidence: les hommes sont coupables et les femmes sont victimes. Un présupposé justifié par les faits, étayé par les statistiques, quand il s'agit des violences physiques, coups, viols, meurtres. Mais, dans la plupart des cas, incantations et travaux mélangent tous les types de violence conjugale, celle des poings et celle des mots. C'est l'addition à laquelle s'est livrée la seule étude sérieuse menée en France sur ce sujet, l' «Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France» (Enveff), rendue publique en 2001. De ses conclusions est sorti un «indice global» de la violence conjugale: 10% des femmes s'en déclarent victimes. Ce chiffre effrayant et la terminologie utilisée occultent le fait que les trois quarts de ces «violences» sont des agressions psychologiques - insultes, dénigrement ou harcèlement. Une question se posait: et les hommes, massivement accusés à l'aune de ces agressions psychologiques, ne leur arrive-t-il pas d'en être victimes, eux aussi? Selon l'étude réalisée par l'institut BVA pour L'Express, hommes et femmes se déclarent à peu près également victimes de cette guerre conjugale, qu'on doit hésiter à qualifier de «violence», fléau trop grave pour être abandonné aux mots. Il faut s'en tenir aux faits: c'est le sens du combat mené sur ce sujet par la philosophe Elisabeth Badinter, dont nous publions le discours prononcé lors d'une conférence-débat organisée, le 16 juin, à Lyon, par Amnesty International

Cette enquête est une grande première. Poser aux femmes et aux hommes les mêmes questions sur les tensions qui peuvent exister au sein de leur couple constitue une rupture avec le discours dominant sur les «violences conjugales». Constater qu'hommes et femmes se plaignent à peu près également l'un de l'autre (et, même, que les hommes subissent deux fois plus d'insultes que les femmes) renforce le double malaise que j'ai toujours éprouvé, d'une part à l'égard de la méthode habituellement choisie pour parler des violences faites aux femmes et, de l'autre, à l'égard des conclusions que l'on en tire.

D'abord, la méthode revendiquée par la plupart des institutions ou associations est globalisante: la violence des hommes contre les femmes est, nous dit-on, universelle. On lit, par exemple, dans la brochure d'Amnesty International (2004): «Partout dans le monde, des femmes subissent des actes ou des menaces de violence. C'est une épreuve partagée, au-delà des frontières, de la fortune, de la race ou de la culture. A la maison et dans le milieu où elles vivent, en temps de guerre comme en temps de paix, des femmes sont battues, violées, mutilées en toute impunité.»

Cette approche fait un amalgame entre toutes les sortes de violences, pourtant de nature différente: violences en temps de guerre et en temps de paix. Violences d'Etat et violences privées. La violence du mari ou du compagnon, celle du harceleur sexuel ou moral, du soldat ou du trafiquant. Amalgame aussi entre la Parisienne harcelée dans les transports et la petite Nigérienne victime d'un trafic sexuel ou la Jordanienne victime d'un crime d'honneur. Violence psychologique et violence physique. Violence des Etats totalitaires et patriarcaux, et violence des Etats démocratiques.

Cette approche admet aussi un continuum des violences en mettant sur le même plan la menace d'une gifle conjugale et la lapidation d'une femme adultère: «La main aux fesses dans le métro, les sifflets dans la rue, les coups, les insultes, les humiliations du conjoint, les mariages forcés, les filles violées, etc.» (Collectif national pour les droits des femmes, 2005). Faute de distinctions, on additionne des actes hétérogènes qui ressemblent à un inventaire à la Prévert, où tout vaut tout: l'agression verbale, les pressions psychologiques et les atteintes physiques.

Enfin, il me semble qu'on est peu regardant sur les statistiques utilisées et encore moins sur leurs sources ou leur interprétation. Ainsi, dans l'opuscule d'Amnesty, on lit: «Au moins 1 femme sur 3 a été battue, forcée à des rapports sexuels ou violentée d'une manière ou d'une autre à un moment de sa vie» (Population Reports, n° 11, Johns Hopkins, School of Public Health, déc. 1999). Que signifie «violentée d'une manière ou d'une autre»? Faute de précision, on ne retiendra qu'une chose, à savoir que 1 femme sur 3 est battue ou violée.

Pis: sur Internet, on trouve que «près de 50% des femmes dans le monde ont été battues ou maltraitées physiquement à un moment de leur vie par leur partenaire». Selon le Conseil de l'Europe, la violence domestique est, pour les femmes de 16 à 44 ans, la principale cause de mort et d'invalidité, avant le cancer ou les accidents de la route. Propos lancés par les féministes espagnoles en 2003, cités partout, notamment dans le rapport du Conseil de l'Europe. Ai-je été la seule à sursauter en lisant cela? Les statistiques de l'Inserm indiquent que, pour 2001, 2 402 femmes âgées de 16 à 44 ans sont mortes des suites d'un cancer!

L'Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (Population & sociétés, janvier 2001) révèle un indice global de violence conjugale à l'encontre des Françaises de 10%, qui se décompose bizarrement ainsi: insultes et menaces verbales (4,3%), chantage affectif (1,8%), pressions psychologiques (37%), agressions physiques (2,5%), dont répétées (1,4%), viols et autres pratiques sexuelles imposées (0,9%). Les journalistes et les politiques traduisent: 10% de femmes sont battues en France. Tous les 8 mars, nous avons droit à cette affirmation erronée, sans que jamais personne ne songe ni à consulter les chiffres ni, évidemment, à les rectifier.

Quatrième illustration de l'utilisation publicitaire des statistiques: en 1980, deux chercheuses, Mmes Linda MacLeod et Andrée Cadieux, publient un rapport sur la femme battue au Québec et annoncent les chiffres de 300 000 femmes battues et de 52 femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Durant vingt-quatre ans, les «300 000» deviennent le leitmotiv des mouvements féministes québécois, jusqu'à ce que l'Institut de la statistique du Québec publie une enquête digne de ce nom, en 2004, qui ne compte plus que 14 209 femmes se disant victimes de violences conjugales. Quant aux 52 Québécoises assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint, les chiffres publiés par la Sécurité publique du Québec en 2000-2001 donnent 14 femmes et 7 hommes assassinés par leur conjoint. Linda MacLeod a reconnu son erreur dès 1994. Elle s'est défendue en disant: «Je me sentais sûre de ce chiffre, parce qu'il reflétait une réalité corroborée par ceux et celles qui travaillaient sur la ligne de front. C'était une supposition admise.» Je ne mets pas en doute la bonne foi de ces chercheuses, mais je ne peux m'empêcher de penser que c'est moins la vérité que l'on cherche que la confirmation de présupposés. On charge la barque des violences masculines, on gonfle les chiffres au maximum au point de les défigurer, comme si s'exprimait là le désir inconscient de justifier une condamnation globale de l'autre genre. L'enjeu n'est plus la condamnation des hommes violents, la seule légitime à mes yeux, mais celle des hommes en général.

D'où ma stupéfaction devant l'utilisation par les Nations unies, reprise par Amnesty, de l'expression «violence de genre». Expression tirée des travaux des féministes anglo-saxonnes les plus radicales, publiés dans les années 1980-1990. Que signifie «violence de genre»? Faut-il comprendre que la violence est le propre du mâle? Que la masculinité se définit par la domination et l'oppression de l'autre sexe? Que les femmes ignorent la violence?

L'enjeu des termes est considérable. Car, si l'on admet cette notion de «violence de genre», on en revient à une définition duelle et opposée de l'humanité: les bourreaux contre les victimes, ou le mal contre le bien. Je pense, pour ma part, que l'on commet une double erreur. D'une part, le concept de «violence de genre» ne me paraît pas fondé. D'autre part, en globalisant la violence masculine, sans la moindre distinction qualitative, culturelle et politique, on se condamne à n'y rien changer.

Les dérapages de la vie à deux ne suffisent pas à définir le «terrorisme conjugal»

Pour tenter de convaincre que la violence n'est pas le propre d'un genre, je m'en tiendrai aux violences conjugales dans les démocraties occidentales, où l'on est censé avoir une approche plus fouillée et plus scientifique de la question.

Premier constat: les enquêtes à notre disposition, tant en France qu'en Europe, notamment celles du Conseil de l'Europe, me semblent trop souvent partielles et donc partiales. Elles sont partielles parce qu'elles ne concernent que les victimes femmes. On a choisi partout, délibérément, d'ignorer s'il y avait des hommes victimes. La justification avancée de cette omission est toujours la même. Elle tient en deux arguments: nous n'avons pas de statistiques, mais nous avons de bonnes raisons de croire que 98% des violences conjugales sont le fait des hommes (cf. Marie-France Hirigoyen dans L'Express du 25 avril 2005: «Les hommes? On ne les a pas sondés. On leur confère par définition le statut d'agresseurs: ils le sont dans 98% des cas»). Quant à la violence des femmes, elle ne serait qu'une légitime défense contre la violence première des hommes.

Second constat: faute de travaux indiscutables, les chiffres les plus fantaisistes circulent. Exemple: y a-t-il en France 6 femmes tuées tous les mois par leur conjoint ou ex-conjoint, soit 72 par an, ou 400, comme on l'a dit à l'émission de TF 1 Le Droit de savoir? Et comment évaluer l'ampleur et la signification de ce phénomène quand les statistiques judiciaires et policières ne distinguent pas entre les femmes mortes de violences conjugales et les autres?

En attendant, je voudrais montrer que la violence n'a pas de sexe, en mettant en lumière quelques aspects de la violence féminine dont on ne parle que rarement. En ce qui concerne la violence conjugale féminine, comme d'habitude, il nous faut recourir aux travaux du continent américain pour y voir plus clair. En particulier, à la dernière enquête faite pour l'Institut de la statistique du Québec par Denis Laroche, dont les conclusions ont été entérinées par le très féministe Conseil du statut de la femme du Québec en février 2005. A ma connaissance, c'est la première enquête francophone de grande envergure concernant les violences conjugales, qui traite à la fois de la violence masculine et féminine. C'est aussi la première enquête qui distingue violence grave et violence mineure, en dressant une liste de 10 situations de violences physiques qui vont de la menace aux actes. D'où il ressort quatre informations essentielles: dans les cinq dernières années qui précèdent l'enquête, 92,4% des hommes et 94,5% des femmes se sont déclarés exempts de violence physique. En 2002, au Québec, 62 700 femmes et 39 500 hommes se sont dits victimes de violence conjugale (toutes violences confondues). Les actes d'agression subis par les hommes et les femmes ne sont pas exactement les mêmes. Les femmes sont plus victimes de violences physiques graves que les hommes. Parmi elles, 25% ont été battues (pour 10% d'hommes), 20% ont failli être étranglées (4% des hommes), 19% ont été menacées avec une arme (8% des hommes). Sept fois plus de femmes que d'hommes ont été victimes d'agression sexuelle. En revanche, selon les études canadiennes, hommes et femmes sont quasi à égalité face aux «violences» psychologiques.

Les Canadiens ont repris du psychologue américain Michael P. Johnson (2000) la distinction, qui me paraît fondamentale, entre deux types de violences conjugales: le «terrorisme conjugal» et la «violence situationnelle».

La violence grave qui s'effectue dans un «contexte de terrorisme conjugal» se définit par la volonté d'annihiler le conjoint, de toutes les manières, psychologiquement et physiquement. Cette violence-là provient majoritairement des hommes.

Alors que la majorité des hommes victimes de leur conjointe le sont dans un contexte de «violence situationnelle», qui renvoie soit à l'autodéfense de la femme, soit à la violence réciproque, soit à la lutte pour le pouvoir des deux conjoints. Au passage est introduite la notion de «violence interactive», essentielle pour comprendre une bonne partie des violences conjugales.

On remarquera donc que, si les femmes sont majoritairement victimes de violences, et en particulier physiques, il leur arrive à elles aussi d'exercer cette violence-là, quand elles sont en position de domination physique ou psychique.

Pour s'en convaincre, il faut se pencher sur la violence des femmes à l'égard des plus faibles. D'abord à l'égard des enfants, sujet peu évoqué, quelques études donnent à réfléchir. Le dernier rapport de l'Odas (Observatoire national de l'action sociale décentralisée, dont dépend l'Aide sociale à l'enfance), de décembre 2004, indique le chiffre de 89 000 enfants en danger en France, dont 18 000 enfants maltraités.

Le rapport d'activité 2002 de l'Accueil téléphonique pour l'enfance maltraitée indique que 76,2% des auteurs de mauvais traitements sont les parents, dont 48,8% sont les mères et 27,4% sont les pères des tout-petits, chiffres qui sont probablement sous-estimés. Enfin, le rapport de l'Unicef 2003, sur les décès d'enfants des suites de maltraitance dans les nations riches, fait état de 3 500 décès d'enfants de moins de 15 ans par an. Le rapport ne précise pas la proportion de pères et de mères infanticides, mais il serait mal venu d'en accuser un seul des deux sexes.

Une enquête épidémiologique est en cours en France, effectuée par l'Inserm. Les premiers résultats révèlent une sous-estimation des morts par maltraitance d'enfants de moins de 1 an, qu'on aurait attribuées à la «mort subite du nourrisson» (cf. Journal de l'Inserm, mai-juin-juillet 2003). Or qui, majoritairement, prend soin des nourrissons dans notre société? Enfin, je me contenterai de mentionner l'existence de la pédophilie féminine, qu'on a semblé découvrir depuis à peine un an avec les procès d'Outreau et d'Angers. Je rappelle que dans ce dernier, on comptait, dans le box des accusés, 29 femmes et 37 hommes. Mais sur cette violence-là, nous n'avons, à ce jour, aucune étude sérieuse.

Au demeurant, les enfants ne sont pas les seuls êtres faibles susceptibles de pâtir de la violence féminine. La maltraitance des vieilles personnes est un autre sujet qui implique cette violence féminine. En 2003, le ministre des Personnes âgées faisait état du chiffre de 600 000 qui seraient maltraitées. Maltraitance souvent d'origine familiale, à domicile. Mais, que ce soit dans les familles ou dans les institutions, ce sont les femmes qui s'occupent majoritairement des vieux, comme elles s'occupent majoritairement des plus jeunes.

Reste un sujet toujours tabou qui n'a fait l'objet que de très rares et parcellaires travaux - spécialement en France: la violence au sein des couples de lesbiennes. Une étude de l'Agence de santé publique du Canada de 1998 conclut qu'il y a la même proportion de violence dans les couples gays et lesbiens que dans les couples hétérosexuels. Toutes violences confondues, 1 couple sur 4 fait état de violence en son sein.

De tous ces chiffres fastidieux mais nécessaires, il ressort qu'on ne devrait pas parler de «violence de genre», mais de «droit du plus fort». Un seul crime est indiscutablement plus propre aux hommes qu'aux femmes, c'est le viol, aujourd'hui puni en France aussi sévèrement que le meurtre. Reste qu'hommes et femmes, lorsqu'ils sont en position de domination, peuvent déraper dans la violence. Les photos d'Abou Ghraib en Irak l'ont démontré, comme l'avait déjà démontré la participation des femmes dans les génocides nazi et rwandais. Que les hommes aient été dans l'Histoire les grands responsables de la violence physique est une évidence. Ils sont, depuis des millénaires, les détenteurs de tous les pouvoirs - économiques, religieux, militaires, politiques et familiaux, c'est-à-dire les maîtres des femmes. Mais, dès lors que l'on assiste au partage des pouvoirs qu'appelle la démocratie, il est inévitable que de plus en plus de femmes, en position de domination, tendent à en abuser, c'est-à-dire à être violentes à leur tour.

Par ailleurs, il faut reconsidérer le concept de violence, utilisé aujourd'hui pour désigner n'importe quel acte, hors de tout contexte. Le même mot ne peut pas s'appliquer à un geste déplacé dans un lieu public et à un viol. Ni s'appliquer non plus à de nombreuses situations qui figurent dans les enquêtes de violences conjugales. Une remarque désagréable, une insulte, un acte autoritaire déplacé ou même la menace d'une gifle ne peuvent être, en tant que tels, assimilés à une atteinte destructrice de l'autre. Les dérapages de la vie à deux ne suffisent pas à définir le «terrorisme conjugal», qui est d'une tout autre nature et que de nombreux spécialistes définissent aujourd'hui comme «une dynamique de couple où l'un des partenaires porte atteinte à l'intégrité et à la dignité de l'autre par un comportement agressif, actif et répété dont le but est de le contrôler». Il me semble aussi déraisonnable de mettre sur le même plan la violence contre les femmes observée dans les Etats démocratiques et celle observée dans les Etats patriarcaux, non démocratiques. Dans ces derniers, la violence contre les femmes est une violence fondée sur des principes philosophiques, traditionnels et religieux qui sont à l'opposé des nôtres. Ce sont ces principes qui doivent être combattus. Seules l'éducation des femmes et leur mobilisation finiront par mettre fin à cette aliénation systématique, qui donne tous les droits à un sexe et tous les devoirs à l'autre.

En revanche, la violence à l'égard des femmes dans nos sociétés est tout à fait contraire à nos principes. Elle appelle la répression de ses auteurs, mais, contrairement à ceux qui disent que toute société est structurellement violente à l'égard des femmes, je pense qu'elle révèle avant tout une pathologie psychologique et sociale, qui nécessite des soins et une réflexion sérieuse sur nos priorités. L'augmentation de la violence que l'on observe dans les sociétés occidentales, quel que soit l'âge, le sexe, et le contexte social, est peut-être à mettre en relation avec une incapacité de plus en plus grande à supporter la contrainte des devoirs et une propension inquiétante à confondre droits universels et désirs individuels.

L'hiver 2005 nous a appris qu'il y avait une forte augmentation de la violence des jeunes, dans les écoles, les collèges et les lycées - jusqu'aux maternelles - et qu'elle touchait toutes les classes sociales. Enervements, incivilités, insultes et coups sont devenus l'expression d'une agressivité banale, y compris à l'égard de ceux qui sont censés nous aider et nous protéger, comme les professeurs ou les médecins. Entre 1999 et 2003, l'Insee indique que le nombre de Français victimes d'agressions (injures, menaces, coups) a crû de 20%. Dans ces conditions, on devrait s'interroger sur notre incapacité de plus en plus grande à supporter les frustrations et à maîtriser notre agressivité.

C'est notre éducation qui est en cause, et non nos principes. C'est elle qu'il faut changer. Depuis une trentaine d'années, l'épanouissement individuel et la satisfaction de nos désirs ont pris le pas sur le respect de l'autre et de la loi commune. Cela concerne tant les hommes que les femmes et n'a rien à voir avec ce qui se passe dans d'autres régions du monde où, à l'opposé, la loi est un carcan et où l'épanouissement individuel n'a tout simplement pas de sens. En vérité, nos sociétés ont autant besoin de réapprendre la notion de devoir que les autres, de réclamer leurs droits. En voulant à tout prix confondre les deux contextes, on se condamne non seulement à l'impuissance, mais aussi à l'injustice. A force de crier à la «violence de genre», on se rend coupable d'un nouveau sexisme qui n'est pas plus acceptable que le premier.

Elisabeth Badinter

par Caroline Brancher publié dans : Réfléxion
Lundi 3 avril 2006

Nicolas Sarkozy, le Pape Benoît XVI, l'UOIF ou des religieux évoquent souvent le concept de « laïcité ouverte » ou « laïcité positive »
Cette notion est un piège comme l’explique très bien Henri Pena-Ruiz dans son livre « Histoire de la laïcité, genèse d’un idéal » :


L’esprit d’ouverture est une qualité. Mais il ne prend sens que par opposition à un défaut : la fermeture. C’est pourquoi on n’éprouve la nécessité d’ouvrir que ce qui exclut, enferme et assujettit. Et on le fait au nom d’idéaux qui quant à eux formulent tout haut des exigences de justice. Les droits de l’homme, par exemple, proclament la liberté et l’égalité pour tous les êtres sans discrimination d’origine, de sexe, de religion ou de conviction spirituelle.
Viendrait-il à l’idée de dire que les « droits de l’homme » doivent « s’ouvrir » ?
Faisons le même raisonnement pour la notion polémique et mal intentionnée de « laïcité ouverte » La laïcité, rappelons le, c’est l’affirmation simultanée de trois valeurs qui sont aussi des principes d’organisation politique : la liberté de conscience fondée sur l’autonomie de la personne et de sa sphère privée, la pleine égalité des athées, des agnostiques et des divers croyants, et le souci d’universalité de la sphère publique, la loi commune ne devant promouvoir que ce qui est d’intérêt commun à tous. Ainsi comprise, la laïcité n’a pas à s’ouvrir ou à se fermer. Elle doit vivre, tout simplement, sans aucun empiètement sur les principes qui font d’elle un idéal de concorde, ouvert à tous sans discrimination.
La notion de laïcité ouverte est maniée par ceux qui en réalité contestent la vraie laïcité, mais qui n’osent pas s’opposer franchement aux valeurs qui la définissent. Que pourrait signifier ouvrir la laïcité, sinon mettre en cause un de ses trois principes constitutifs, voire les trois en même temps ? Qu’on en juge.
Faut-il une liberté de conscience « ouverte » ? Mais si les mots ont un sens cela veut dire qu’une autre exigence que la liberté de conscience doit être reconnue, et que serait-elle sinon l’imposition d’un credo, comme par exemple l’obligation de se conformer à un certain code religieux ?
Cas limite de cette obligation : l’intégrisme, qui d’une certaine norme religieuse veut faire une loi politique. La condamnation du divorce, ou de l’apostasie, ou de l’humanisme athée, est souvent pratiquée par des religieux qui ne cessent de parler de laïcité ouverte.
Faut-il une égalité « ouverte » ? Qu’est-ce à dire sinon que certains privilèges maintenus pour les croyances religieuses seraient compatibles avec une telle « laïcité », qui consisterait donc à donner plus de droits aux croyants qu’aux athées dans la sphère publique ? Des dignitaires catholiques peuvent ainsi, simultanément, plaider pour une « laïcité ouverte » et refuser publiquement de remettre en cause le régime concordataire d’Alsace-Moselle, qui pourtant prévoit des privilèges pour trois religions (catholique, protestante et judaïque) notamment par un subventionnement public tant des ministres du culte que d’un enseignement confessionnel dans les écoles publiques. Pourquoi pas un enseignement des autres religions et de l’athéisme pour ceux qui le veulent ? Une telle voie ne réaliserait l’égalité qu’en fractionnant indéfiniment la sphère publique, oblitérée alors par la mosaïque des communautarismes, alors qu’elle doit rester le lieu d’affirmation et de promotion de ce qui est commun à tous.

Henri Pena-Ruiz, « Histoire de la laïcité, genèse d’un idéal », édition découvertes Gallimard page 134

par Caroline Brancher publié dans : Réfléxion