Samedi 25 novembre 2006

Les choses s’éclaircissent dans les rangs de la gauche représentative face à la tentation obscurantiste.Concoctée dans les rangs de LEA (Laïcité écologie association), une association réunissant des militants et sympathisants Verts attachés à l’universalisme et au principe de laïcité, une motion « Liberté, Laïcité, Diversité ! » fait partie des rares motions adoptées lors des récentes Assemblées Fédérales préparatoires au congrès des Verts (par 51,67 % voix contre 26,3%).

Cette motion disait notamment : « Les pratiques obscurantistes ne sont pas défendables, même si leurs auteurEs sont des victimes par ailleurs ». Elle marque le refus de « faire alliance avec des intégristes, simplement parce qu’ils se font les porte-parole des peuples opprimés et de leur religion, ou parce qu’ils ‘luttent contre l’impérialisme américain’.Elle rappelle que les « solutions » des intégristes — fractionner la société, déléguer le social au religieux, refuser l’émancipation des femmes au nom de la culture et restaurer le délit de blasphème ou encore nier le droit à une expression individuelle — « sont à l’opposé des nôtres ». En l’occurrence, « à nos combats émancipateurs ». « Face à ces choix liberticides, dit la motion, les Verts doivent, pour garantir leurs revendications sociétales, proposer une alternative porteuse de paix et du vivre ensemble : une société transculturelle qui s’enrichit de la diversité sans diversifier les droits selon les origines et les communautés ».

C’est dire si l’adoption de cette motion marque une clarification. L'association LEA, présidée par Philippe Namias, « se félicite de ce nouveau point d'équilibre des Verts sur la question de la laïcité.» D’autant que la motion portée par le courant ZEP de Patrick Farbiaz et Sergio Coronado, défendant une internationale sensible au discours islamo-gauchiste, n’a recueilli que 25% des voix et n’est donc pas adoptée.

Caroline Fourest rédactrice en chef de la revue ProChoix

par Caroline Brancher publié dans : Islamo-gauchisme
Samedi 25 novembre 2006

Sadri Khiari, membre du mouvement des indigènes de la République, écrivait il y a seulement quelques mois, à l’occasion des manifestations anti-CPE, un texte légitimant les émeutes en banlieues de novembre 2005 et attribuant le succès de la mobilisation contre le CPE à « l’existence d’un champ politique Blanc ». Ce texte est disponible sur le site officiel du mouvement des indigènes : http://www.indigenes-republique.org/article.php3?id_article=235  

Pour rappel, le mouvement des indigènes est né suite à la pétition « nous sommes les indigènes de la République ! » publiée sur le site islamiste Oumma.com en janvier 2005. Cette pétition met sur le même plan les discriminations ethniques et sociales à l’embauche et au logement (qui existent dans la société française et doivent être combattues) et le colonialisme qui est une doctrine prônant l'exploitation et la mise sous tutelle de territoires étrangers par la force, ce qui est un amalgame honteux et grossier. Le mouvement des indigènes s’approprie une souffrance qui n’est pas la sienne c’est à dire celle des victimes du colonialisme. Non seulement c’est déplacé et c’est banaliser le colonialisme mais c’est aussi jouer dangereusement avec l'Histoire. Nul doute que les véritables victimes des crimes coloniaux doivent se retourner dans leur tombe.

Les émeutes de novembre 2005 : une « lutte » ?

Dans le texte publié sur le site des indigènes, Sadri Khiari met les récentes mobilisations contre la loi Fillon et le TCE sur un pied d’égalité avec les émeutes en banlieues de novembre 2005. Pour lui, « Le soulèvement des quartiers populaires » fait partie « des grandes luttes de l’année passée » Une manifestation n’a pourtant rien d’analogue avec une émeute. Les mobilisations contre la loi Fillon et contre le TCE ne peuvent pas être mises au même niveau que les émeutes de novembre 2005 :

- Si une manifestation est organisée et encadrée par des syndicats ou des fédérations, une émeute ne l’est pas. Les émeutes de novembre 2005 n’étaient ni planifiées ni organisées ce qui est pourtant la base de toute mobilisation politique.

- Si descendre dans la rue pour manifester pacifiquement est un droit dans toute démocratie, la dégradation et le saccage de bâtiments publics et des biens d’autrui, l’incendie d’écoles, les tentatives d’homicide envers des fonctionnaires de l’Etat ne sont pas un droit et n’en seront jamais un, et cela, quelque soit les raisons qui ont poussé à cette violence.

- Si, lorsqu’on manifeste dans la rue c’est pour revendiquer ou afficher son désaccord avec la politique menée par un Gouvernement, quelles étaient au juste les revendications des émeutiers au cours des violences de l’automne dernier ? A-t-on seulement vu des meneurs émerger parmi les émeutiers et émettre des revendications ? Non. Rappelons que, à part à Aulnay-sous-bois où des explications sur les circonstances entourant la mort des deux jeunes électrocutés ont été exigées, les émeutiers ont brillé par l’absence de revendications. Pendant trois semaines qui n’auront été rien d’autre que chaos et désordre absolu (et pas une « lutte »), les émeutiers ont démontré qu’ils n’avaient aucune conscience politique.

Mettre des émeutes sur le même plan qu’une manifestation pacifique comme le fait Sadri Khiari, cela équivaut à légitimer l’usage de la violence comme mode de revendication. C’est inacceptable et c’est courir à la perte de notre démocratie. Si on se remémore les trois dernières gifles électorales (le 21 avril 2002, les élections régionales de 2004, le non au TCE), et qu’on essaye de se représenter un instant le nombre de mécontents de ce pays, à quoi pourrait bien ressembler la France si tout les insatisfaits se mettaient à casser et à brûler tout sur leur passage pour « s’exprimer » ? Cela ressemblerait très vite à une guerre civile.

Parler de « lutte » pour qualifier les émeutes de novembre, le mot « lutte » qui sous entend ici une lutte des classes et donc une certaine légitimité, alors que, au cours des ces mêmes émeutes, une handicapée a été arrosée d’essence et incendiée, qu’un homme frappé violemment à la tête et sans raison est mort des suites de son coma à l’hôpital , que des cocktails molotov étaient préparés dans les caves des cités en prévision des nuits qui s’annonçaient, que des parpaings ont été jetés du haut des immeubles sur des pompiers, ces hommes dont le métier consiste à risquer sa propre vie pour en sauver d’autres, n’est-ce pas là définitivement se foutre du monde ? Sadri Khiari oublie bien sûr que les premières victimes de cette « lutte » sont les habitants des quartiers eux mêmes, populations les plus pauvres et les plus démunis de France, dont les biens ont été détruits et brûlés, et qui dans leur grande majorité ne souhaitent que vivre en paix. Sadri Khiari, si il était vraiment un homme de gauche, s’appliquerait à défendre le droit des pauvres au lieu de légitimer, sans aucune réserve, les actes d’émeutiers dont parmi eux des casseurs de flics voir des barbares. Sadri Khiari, qui prétend parler au nom des habitants des quartiers à travers le mouvement des indigènes, ne fait en réalité que les desservir.

Sadri Khiari déplore qu’« aucune leçon n’ai été tirée » des émeutes de banlieues. Mais quelle leçon faudrait-il en tirer ? La réponse arrive plus bas. Sadri Khiari affirme que « la crise des quartiers (…) est également le produit des rapports post-coloniaux et des politiques racistes. » Rappelons un certain nombre de choses à monsieur Sadri Khiari qui décidément ne prend que ce qui l’arrange :

- Des Blancs ont participé aux émeutes au côté des Noirs et des Arabes. Ils sont victimes d’une politique raciste eux aussi ? Il subissent des « rapports post-coloniaux » peut être ? Sadri Khiari n’a bien sûr pas un mot pour les Blancs qui habitent en banlieue et qui souffrent eux aussi de discriminations du fait de leur adresse. Ces discriminations sont certes moindres que celles visant les Noirs ou les Arabes qui cumulent deux discriminations, l’une selon l’origine ethnique et l’autre sociale, mais restent des discriminations quand même. La souffrance de ces Blancs n’a-t-elle aucune importance pour Sadri Khiari ? Serait-il prêt simplement à la reconnaître ?

- Les motivations qui ont poussé des jeunes à participer aux émeutes étaient diverses et variées. A des jeunes certainement révoltés par la précarité, le chômage ou les contrôles policiers à répétition, se sont mêlés aux émeutes des casseurs ultra violents qui ont trouvé là un prétexte de plus pour s’adonner à leur sport favori à savoir la violence gratuite. D’autres émeutiers y auront vu l’occasion de régler des comptes avec la cité voisine ou de faire simplement parler d’eux dans le journal du coin. Bref, la réalité est parfois bien éloignée d’une soi disant « lutte » contre des « politiques racistes » et des « rapports post-coloniaux » ...

Sadri Khiari affirme que les émeutes ont pris des « dimensions anti-racistes et anti-ségrégationnistes » alors que, non seulement les motivations de certains émeutiers n’étaient ni « anti-racistes » , ni « anti-ségrégationnistes » (et étaient même loin d’être glorieuses pour tout dire), mais ils ont en plus réussi à provoquer tout l’effet inverse:

- Les émeutiers auront définitivement fait fuir les entreprises, dont certaines ont été réduites en cendres pendant les émeutes, alors qu’elles pouvaient dynamiser l’économie locale. Ceci aura pour conséquence d’isoler encore davantage les quartiers déjà lourdement pénalisés par le chômage, déjà bien supérieur à la moyenne nationale. Les émeutiers auront également fait fuir ceux qui ont les moyens d’aller vivre ailleurs et qui veulent vivre en paix, laissant sur place les populations les plus pauvres ce qui ne fera qu’accroître le phénomène de ghettoïsation des quartiers.

- Les discriminations ne découlent pas uniquement du racisme. Contrairement à ce qu’affirme Sadri Khiari, ce n’est pas seulement parce « qu’ils sont Noirs, Arabes ou musulmans » que les jeunes subissent des discriminations, c’est aussi à cause d’une minorité des quartiers, qui par des comportements violents et misogynes, renvoient une image ultra négative de leurs quartiers et de leur communauté. Les émeutiers, par leur violence, n’auront fait qu’aggraver les discriminations qu’ils subissent déjà.

- Les banlieues étant composées d’une forte population d’origine étrangère, les émeutes ont contribué à banaliser les idées de l’extrême droite sur l’immigration dans l’opinion publique. Les émeutiers et les idiots qui les légitiment se font les complices d’un futur 21 avril 2002. Un grand bravo à Sadri Khiari. Sadri Khiari est passé à côté de ces conséquences qui sont dramatiques pour les quartiers et leurs habitants qui, dans leur majorité, désapprouvent les émeutes.

Le mouvement des indigènes de la République, dont se réclame Sadri Khiari, accuse la France d’être « raciste » et « coloniale », de gérer les quartiers à la manière coloniale, de faire de « l’indigénat » avec les populations issues de l’immigration africaine et maghrébine. La pétition des indigènes disait d’ailleurs: « les populations des quartiers sont indigénisées », « la France reste un Etat colonial ! » Sadri Khiari parle de « clivage post-colonial », de « racisme post-colonial », du « caractère post-colonial » de la société française … Il parlera des populations des quartiers en ces termes : ce sont « les enfants issus de l’immigration et les nouveaux immigrés, bref les indigènes » oubliant (une fois de plus) que, dans les banlieues, il y a aussi des français de souche qui vivent au côté d’immigrés et de personnes issues de l’immigration … Mais Sadri Khiari devrait peut être méditer là dessus : Si la France était toujours un « Etat colonial », pourquoi n’a-t-elle pas réprimé les émeutes dans un véritable bain de sang comme elle l’a déjà fait à Sétif en 1945 ou à Paris le 17 octobre 1961 ? La France, qui aurait pourtant tenu là une formidable occasion de réprimer dans la violence les populations des quartiers (les « indigènes » !), a préféré tempérer les forces de l’ordre et a tout fait pour ne pas aller à l’effusion de sang. C’est étonnant pour un Etat « raciste » et « colonial » ! Alors avant de lancer des accusations haineuses contre la France, Sadri Khiari devrait plutôt remercier le professionnalisme des policiers et des CRS dont le sang froid a permis de ne pas faire une seule victime parmi les émeutiers. Rappelons que dans une autre démocratie, à savoir les Etats Unis, les forces de police, après les sommations d’usage, ont fait feu avec leurs armes de service sur les émeutiers de Los Angeles en 1992 et sur les pillards qui se sont livrés au pillage et au viol pendant le cyclone Katrina en 2005. Lorsqu’on sait que des émeutiers français ont tiré à balles réelles sur des policiers, ces derniers auraient été en droit, au nom de la légitime défense, de rétorquer en faisant usage de leurs armes. Ce qu’ils n’ont pas fait. Les émeutiers noirs de Los Angeles, eux, n’auront pas eu cette aubaine. Que les émeutiers français et Sadri Khiari prennent note.

La loi sur l’égalité des chances : une loi anti-immigré ?

Concernant la loi sur l’égalité des chances, Sadri Khiari considère qu’une des « dimensions fondamentale » de cette loi est « une offensive spécifique contre les populations issues de l’immigration post-coloniale et de la politique de stigmatisation de celles-ci qui se développe de manière alarmante » Ce même projet de loi qui est introduit, rappelons le, par la déclaration suivante : « La République reconnaît à ses concitoyens, quels que soient leurs origines, leur sexe, leur situation sociale et de santé, leurs convictions ou leurs croyances, un droit identique à l'égalité des chances » Le projet de loi sur l’égalité des chances a été signé par Azouz Begag, le ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances, que l’on peut difficilement accusé de racisme anti-Arabe. Même si certains articles de ce projet de loi sont bien sûr critiquables et si la loi n’est pas parfaite dans son ensemble, ce projet de loi dénote une volonté des pouvoirs publics d’enrayer les discriminations ce qui est un premier pas en avant. Mais, dans toute sa critique du projet de loi, Sadri Khiari ne fera que de l’auto victimisation, le discours victimaire qui imprégnait déjà la pétition des indigènes de la République publiée en janvier 2005 sur le site islamiste Oumma.com, ce même discours victimaire qui consiste à rendre systématiquement les autres responsable de son malheur ce qui n’est guère le reflet d’une grande force de caractère ... A propos du Titre III de la loi qui prévoit de sanctionner les parents en leur retirant les allocations familiales, Sadri Khiari explique l’existence de cette mesure à cause de la « large campagne » qui a été menée pour souligner « la prétendue incompétence des pères (…) et des mères » Sadri Khiari oublie que le Titre III vise avant tout la lutte contre l’absentéisme scolaire … et que scolariser son enfant est un devoir pour tout citoyen et qu’il est normal que tout individu n’accomplissant pas son devoir de citoyen soit sanctionné. On retrouve bien là l’anti-Républicanisme de la pétition des indigènes. Les dispositions du Titre IV sur la « lutte contre les incivilités » sont pour Sadri Khiari « des mesures sécuritaires dont la cible est prioritairement les Noirs, les Arabes et les musulmans » Bien sûr, il oublie que ces dispositions visent à renforcer les pouvoirs des maires face aux incivilités notamment : la divagation d'animaux dangereux, les nuisances sonores, les jets d'immondices, les préjudices aux biens de la commune … incivilités qui, au passage, pourrissent la vie de tous les habitants des quartiers. Sadri Khiari considère-t-il par là que seuls les Noirs, les Arabes et les musulmans possèdent des animaux dangereux, jettent des immondices, dégradent les bâtiments publics ? C’est proprement raciste et ça n’engage que lui ! Mauvaise foi aidant, Sadri Khiari n’aura pas à un mot pour parler du Titre II, relatif à l’égalité des chances et à la lutte contre les discriminations, qui renforce les pouvoirs de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) Pas non plus un mot pour le Titre I en faveur du développement économique qui prévoit la création de nouvelles ZFU (Zones Franches Urbaines) et le renouvellement de celles existantes ; les ZFU ayant par le passé obtenu des résultats très positifs et étant donc bénéfiques pour l’économie et les habitants des quartiers.

La mobilisation anti-CPE : une "politique de Blancs" ?

A propos du CPE, Sadri Khiari estime que « si le CPE n’avait pas été intégré brutalement dans la loi sur l’égalité des chances, celle-ci n’aurait suscité qu’une faible mobilisation » et que donc « peu de Blancs se seraient sentis concernés. » Donc, il faut comprendre par là que le CPE a mobilisé beaucoup de Blancs et que les Blancs n’étaient pas concernés par le reste de la loi sur l’égalité des chances. Ce projet de loi concerne pourtant les quartiers défavorisés où les jeunes, qu’ils soient français de souche, issues de l’immigration ou immigrés, subissent tous des discriminations : ils étaient donc tous, quelque soit leur origine, concernés par l’ensemble de la loi.

Pour Sadri Khiari, « la mobilisation contre le CPE montre une fois de plus l’existence d’un champ politique Blanc » Il affirme que « pour réussir une aussi vaste mobilisation, il fallait commencer par la restreindre en oubliant les quartiers, en excluant les enfants issus de l’immigration et les nouveaux immigrés, bref les indigènes » Il ajoute plus bas que « pour construire la mobilisation la plus large, il fallait se donner un objectif clair et un seul, qui soit le plus « rassembleur » possible » et que pour « gagner en efficacité », « les revendications des populations issues de l’immigration » ont « été mises de côté ». Mais de quelles revendications parle-t-il ? Des revendications par rapport au projet de loi sur l’égalité des chances ou les soi-disant « revendications » des émeutiers de novembre qui étaient inexistantes ?

Si on résume la pensée de Sadri Khiari, les Blancs, concernés par le CPE et pas par le reste du projet de loi, se sont appropriés la mobilisation anti-CPE. Afin de gagner la mobilisation, ils se sont formés autour d’un seul mot d’ordre : le non au CPE. Pour cela, ils ont donc exclu les jeunes issus de l’immigration et leurs revendications … Non seulement personne n’a exclut les enfants issus de l’immigration de la mobilisation anti-CPE qui ont revendiqué eux aussi le non au CPE et qui ont manifesté au côté de leurs camarades mais, en plus, c’est la minorité ultra violente des quartiers qui s’est invitée aux manifestations parisiennes, prenant violemment à partie manifestants et journalistes ... Si d’autres revendications n’ont pas été prises en compte par rapport au reste du projet de loi sur l’égalité des chances, c’est peut être parce qu’il n’y en a eu aucunes de suffisamment audibles. Si d’autres revendications n’ont pas été suffisamment audibles, c’est peut être parce que rien d’autre dans le projet de loi n’était aussi alarmant que le CPE (contrairement à ce que prétend Sadri Khiari)

La lutte sociale selon l’appartenance à une ethnie

Sadri Khiari dit que « le pseudo-universalisme républicain (…) prétend qu’en France il n’y a que des individus ou des classes, déterminés uniquement par leurs positions sociales et non par leurs origines, leurs couleurs ou leurs cultures » Donc, pour Sadri Khiari, les individus sont déterminés par leurs origines, leurs couleurs ou leurs cultures ...

Pour Sadri Khiari, les luttes sociales se résument ainsi : « La logique des luttes dans un contexte post-colonial (…)ne semble réalisable qu’à la condition de relativiser ou de nier la situation propre des post-colonisés et de les exclure ainsi, de fait, du champ politique » Pour lui, une lutte ne concerne pas des individus, quelque soit leur origine, se regroupant selon un intérêt commun. Selon Sadri Khiari, une lutte est spécifique à une ethnie, comme si les ethnies étaient complètement séparées les unes des autres en France ce qui est faux : en France, il n’y a pas d'apartheid ethnique mais un apartheid social, les populations les plus pauvres se concentrent en banlieues où vivent ensemble immigrés, personnes issues de l’immigration et français de souche. A contrario, ça n’a jamais empêché des personnes issues de l’immigration et des immigrés de vivre dans des banlieues riches. En réalité, Sadri Khiari cherche à « ethniciser » la question sociale : Pour cela, il affirme l’existence d’un soi disant « racisme post-colonial » qu’il utilise comme discours victimaire. Sadri Khiari cherche à confronter le succès de la mobilisation anti-CPE à l’échec des émeutes (qu’il ne digère pas en fait) Il « ethnicise » la question sociale en attribuant le succès de la mobilisation anti-CPE à une « politique de Blancs » De manière détournée, il attribue l’échec des émeutes à cette soi disant « politique de Blancs » c’est à dire en gros le « racisme post-colonial » Ceci lui permet de poursuivre tout à loisir son discours de victimisation. Alors que Sadri Khiari devrait admettre que :

• Si la mobilisation anti-CPE a été une réussite, c’est surtout parce que le Gouvernement n’a fait que reculer face à la pression de la rue et la puissance des syndicats, ce qui n’est guère une nouveauté en France.

• L’échec des émeutes est d’abord dû à l'illégitimité de la violence puis au manque de moyens financiers du Gouvernement qui, même si il en avait les moyens, ne pouvait pas résoudre, en seulement quelques mois, une situation qui perdure depuis 30 ans. Mais revenons sur ce prétendu « racisme post-colonial » … Si on fait le lien avec la pétition des indigènes, « le racisme post-colonial » revient à dire que chaque personne issue de l’immigration est un « colonisé » et que chaque français de souche est un « colon » Donc, chaque français de souche serait par définition « coupable », chaque personne issue de l’immigration serait une « victime » Niveau manichéisme, on peut difficilement faire pire …. C’est en plus une vision très raciste des Français de souche qu’on tient là. Si le racisme anti-noir et anti-arabe existe dans la société française (au même titre que le racisme anti-blanc ou l’antisémitisme d’ailleurs mais dont Sadri Khiari ne parle jamais) et doit être combattu, il n’est certainement pas dû à la persistance de « rapports coloniaux » où chaque « Blanc » serait par essence un odieux raciste et un colon mais à des mécanisme plus complexes :

• Des Français conservent effectivement des préjugés racistes envers les populations immigrées et n’acceptent pas pleinement les enfants issus de l’immigration comme Français à part entière. Pourquoi ? Parce que chaque vague d’immigration se fait dans la douleur et ceci est valable en France comme dans d’autres pays. A mettre en rapport avec les immigrés Coréens au Japon, les immigrés Africains en Russie …

• Les comportements agressifs et misogynes de certains jeunes issus de l’immigration, certains immigrés qui importent des modes de vie incompatibles avec le nôtre (polygamie, mariages forcés, port de la burka, excision…) ne contribuent qu’à alimenter le rejet et donc le racisme et/ou les discriminations. Alors que chacun balaye devant sa porte : les Français comme les immigrés. Voilà ce que dirait Sadri Khiari si il avait seulement un peu de bon sens. Mais il aura préféré se poser en victime d’un « racisme post-colonial » c’est à dire d’un rapport « colon / colonisé » qui n’existe pas. Alors que la France n’a jamais eu aujourd’hui autant besoin de se rassembler, Sadri Khiari réduit la lutte contre l’ultra libéralisme à une opposition avec, d’un côté, les Blancs et, de l’autre, les « post-colonisés » c’est à dire « les Noirs, les Arabes, les musulmans ». A noter qu’il met côte à côte « les Noirs, les Arabes et les musulmans » comme si être « musulman » était une identité ou une origine alors que c’est une option spirituelle. On reconnaît bien là la patte d’un certain Tariq Ramadan. Le même Tariq Ramadan dont les propres réseaux ont pensé, initié et diffusé la pétition de janvier 2005 « nous sommes les indigènes de la république ! » qui a donné naissance au mouvement du même nom. Sadri Khiari, en confrontant Blancs contre « Noirs, Arabes et musulmans » dans la lutte contre la précarité, s’applique à diviser les communautés, le propre du racisme, et à séparer les populations, le propre de l’apartheid.

Une puissance politique de « post-colonisés »

Pour répondre à la soi disant « politique de Blancs », Sadri Khiari conclut sur la nécessité des « post-colonisés » à constituer « une puissance politique autonome » Les « post-colonisés » qui sont les « indigènes » c’est à dire « les enfants issus de l’immigration et les nouveaux immigrés » .. Entend-il par là créer un mouvement politique où les Blancs seraient exclus d’office ? On dirait bien. En fait, Sadri Khiari ne veut pas construire un mouvement politique ralliant des personnes de toutes origines selon un intérêt commun mais bel et bien un mouvement selon une origine ethnique. Le communautarisme, contraire à notre idéal Républicain, bat son plein ! La vérité c’est que Sadri Khiari refuse de lutter au côté des Blancs contre l’ultra libéralisme. Non seulement il exclut les Blancs (et c’est donc lui qui a une attitude raciste) mais, en plus, il se pose en victime alors que c’est lui qui exclut... C’est beau pour quelqu’un qui parle « d’anti-racisme » et « d’anti-ségrégationnisme » mais qui encourage le racisme anti-Blanc et la ségrégation des Blancs. Enfin, ça ne fera qu’une incohérence de plus dans le discours des indigènes, où la dénonciation du racisme est à géométrie variable. Sadri Khiari termine sur la Marche du 8 mai qui, selon lui, « constituera ainsi un moment fort (..) pour interpeller ceux qui, à gauche, sont sincèrement anti-racistes » Peut être aurait-il dû écrire : interpeller la gauche sincèrement raciste anti-Blanche, anti-française et anti-Républicaine. Ce serait nettement plus approprié !

Caroline Brancher

par Caroline Brancher publié dans : Islamo-gauchisme
Mercredi 1 novembre 2006

Un mois après la parution de la tribune de Robert Redeker dans le Figaro, la réaction d’une partie de la gauche, par sa haine et sa vindicte, mérite aujourd’hui d’être soulignée. Voici une revue de presse :

Dans plusieurs articles, Redeker est systématiquement accusé de « racisme pur et simple » [1], de « haine aveugle »[2], d’être « plus sioniste que sioniste »[3]. Redeker aurait proféré des « injures racistes »[4] et aurait fait preuve d’une « violente islamophobie »[5] Les tribunes de Redeker seraient un « concentré de haine anti-musulman »[6] et sèmeraient la « haine entre les citoyens »[7]
Dans son texte paru sur Le Grand Soir Info, Leïla Salem, à défaut de démonter point par point les arguments de Robert Redeker comme on l’attendrait de n’importe quel débat, s’adonne à des attaques personnelles contre le philosophe, attaques basses et abjectes.
Le titre de son article « le philosophe qui voulait péter plus haut que son c.. »[8] laissait déjà présager une Leïla Salem décidément tombée plus bas que terre.
Pour elle, Redeker serait donc « médiocre »[9] , « imbu de sa personne »[10], « arrogant »[11], « égocentrique »[12] .. Leïla Salem précise que Redeker aurait « terrorisé »[13] les élèves du lycée où il enseigne (rien que ça)
Ce serait un « intégriste de la vedettariat et de la publicité »[14] : à en croire Leïla Salem, Redeker, en mal de célébrité, n’aurait cherché qu’à faire parler de lui. Théo Van Gogh, criblé de balles, poignardé et égorgé en pleine rue pour les mêmes raisons que Robert Redeker est aujourd’hui menacé de mort, était-il en mal de célébrité lui aussi ? Leïla Salem oublie bien sûr de préciser que l’envie de célébrité peut se payer bien cher … aussi bien pour Théo Van Gogh qui l’a payé de sa vie que pour Robert Redeker aujourd’hui réfugié politique dans son propre pays .. N’en déplaise à Leïla Salem, cette célébrité là n’est enviée par personne …
Toujours dans le texte de Leïla Salem, les « intellectuels de la « gauche » ultra-libérale »[15] (comprendre par là les intellectuels de la gauche Républicaine et laïque qui combattent tout les intégrismes aussi bien que tous les racismes) seraient quant à eux des « promoteurs de la guerre des civilisations »[16]…
Leïla Salem lance également des attaques mensongères et diffamantes envers la journaliste Caroline Fourest. Caroline Fourest est en effet accusée d’être une « islamophobe patentée »[17] qui aurait notamment profité de l’affaire Redeker pour renouveler « sa haine et son racisme anti-musulman à haute voix et sans aucun complexe »[18] au cours des différents débats télévisés qui ont suivis.
Rappelons que Caroline Fourest a, dans son livre « Tirs Croisés »[19], dénoncé l’intégrisme musulman au même titre que les intégrismes juif et chrétien … mais y a également démenti la théorie du choc des civilisations … Dans ses ouvrages, Caroline Fourest a toujours pris le soin de distinguer l’islam de l’islamisme et de rappeler que la majorité des musulmans européens pratiquent un islam tolérant parfaitement soluble dans nos démocraties.… Leïla Salem a bien sûr oublié ses précisions de taille : finalement, dénoncer l’intégrisme revient pour elle à de la haine anti-musulmane … Bel amalgame.
Mais le fond de la bêtise n’a pas encore été atteint (Leïla Salem a en effet beaucoup de ressources) :
Plus bas, Leïla Salem fait passer les musulmans pour d’éternelles victimes (discours que l’on ne retrouve que sur les pires sites islamistes du net[20]) : elle affirme que, lors des débats télévisés, « les méchants ennemis de la liberté d’expression »[21] auraient été désignés comme étant les musulmans. Cette affirmation n’est qu’un mensonge de plus. Ce sont les fanatiques qui ont été unanimement désignés comme les ennemis de la liberté ! [22]
Les médias, qui ont parlé de l’affaire Redeker, sont quant à eux accusés d’avoir « rallumé le feu »[23]
Selon Leïla Salem, les médias sont « des organisations aux pratiques totalitaires liées entre elles par des objectifs et des intérêts communs inavoués »[24] ; la théorie du complot, régulièrement étalée sur les sites islamistes[25], n’est décidément pas bien loin.
Par ailleurs, dans notre démocratie, n’est-il pas légitime que le fait qu’un homme soit menacé de mort pour avoir écrit un article soulève l’indignation ? C’est la non réaction des médias et des intellectuels (qui se sont mobilisés autour de Redeker pour défendre sa liberté de parole) qui aurait été inquiétante !
Selon Leïla Salem, les médias « ont favorisé la pensée unique et ont réussi à tuer l’esprit critique »[26]. Plutôt pas mal pour quelqu’un qui ne sait même pas faire la différence entre sionisme, critique de l’islam, dénonciation de l’intégrisme et appel à la haine envers les musulmans … Enfin, c’est toujours amusant de voir quelqu’un dénoncer les amalgames quand cette même personne n’est elle même pas à un amalgame près.

Dans un communiqué du MRAP [27] , son président Mouloud Aounit condamne la « diatribe violente »[28] de Redeker qui contribuerait selon lui à renforcer les amalgames « musulman-fanatique-violent-terroriste »[29] Le président du MRAP a bien sûr oublié que les premiers responsables de cet amalgame sont d’abord ceux qui justifient la barbarie au nom de l’islam … comme ce mufti australien qui vient de justifier les viols collectifs envers les femmes non voilées[30] …
Dans ce communiqué, Mouloud Aounit condamne les menaces de mort à l’encontre de Redeker : « Le MRAP les condamne avec autant de force et d’indignation qu’il a condamné les déclarations irresponsables d’un philosophe »[31] On constate que Mouloud Aounit met sur un pied d’égalité l’écriture d’un texte et des menaces de mort … comme si écrire un texte (aussi critiquable soit-il) devait soulever la même indignation que le fait de menacer l’intégrité physique d’une personne …
Une fois les menaces de mort condamnées, Mouloud Aounit s’empresse néanmoins d’ajouter : « C’est d’abord à ses propres limites que vient de se heurter Monsieur REDEKER. Preuve, s’il en était besoin, que toute forme de violence en appelle hélas d’autres en retour, parfois plus extrémistes encore. »[32] Cette déclaration n’est rien d’autre qu’une manière détournée de dire que Redeker, avec sa tribune du Figaro, n’a eu en retour que la monnaie de sa pièce. Aounit dira également que Redeker est « un philosophe amateur de polémiques dont il croyait sans doute sortir à jamais indemne »[33] comme si il était évident que la publication d’un tel article ne pouvait laisser indemne …
Malgré tout ça, Mouloud Aounit prend le soin de rappeler que « la critique de toute philosophie ou religion – ce qui inclut l’islam - est légitime »[34] alors que lui même milite pour instaurer un délit de blasphème en France. Bref, si on résume la pensée (chaotique) du président du MRAP : critiquer l’islam est légitime mais, étant donné que critiquer l’islam incite à la haine des musulmans, il faut faire taire toute critique de l’islam par des lois anti-blasphème !
A l’émission de Stéphane Bern du lundi 25 octobre 2006, Mouloud Aounit ira jusqu'à établir un lien entre Redeker et Ben Laden[35] ... ce qui ne manque pas de laisser sans voix.

Alain Gresh, rédacteur en chef du « Monde Diplomatique » et ami de Tariq Ramadan (l’ambassadeur des Frères Musulmans en Europe), dira sur son blog que le texte de Redeker « suinte la haine et l’islamophobie »[36] et que ses propos sont « des raccourcis haineux fondés sur une ignorance sans égal »[37]
Parlant des journalistes qui se « plaisent à jeter de l’huile sur le feu »[38], Alain Gresh cite notamment Caroline Fourest et Mohamed Sifaoui comme étant ces « nouveaux spécialistes de l’islam »[39] aux « pamphlets approximatifs »[40] et « non étayées »[41]. Précisons que Caroline Fourest et Mohamed Sifaoui ne se sont jamais présentés (et n’ont jamais été présentés) comme étant des spécialistes de l’islam : Caroline Fourest est une spécialiste de l’intégrisme, Mohamed Sifaoui est un journaliste d’investigation qui a infiltré une cellule anti-terroriste … Précisons également que les ouvrages de Caroline Fourest , toujours très riches en citations et références bibliographiques, sont au contraire très étayées. Qui est d’une « ignorance sans égale » pour reprendre les propres mots d’Alain Gresh ? Parfois, on se le demande vraiment. Alain Gresh a au moins réussi à soulever là une question pertinente.
Toujours par rapport à l’affaire Redeker, Caroline Fourest ne sera également pas épargnée sur le forum du site de Tariq Ramadan. Voici le commentaire d’un internaute : « Et pour ceux qui doutaient de la franchise de Sœur Caroline, prétendu antiraciste, il n’y a plus de doute. Cette femme est une Oriana Fallaci déguisée. Une petite raciste voilée sous les appellations désormais amusants de féministes antiraciste, laïques....»[42]. Rappelons que Caroline Fourest n’a fait que publier le texte de Redeker pour défendre la liberté d’expression et qu’elle a, dans le même temps, publié un texte sur Prochoix au côté de Fiammetta Venner pour contester les idées avancées par Redeker[43] … Mais comme quoi chez les islamistes cela suffit amplement pour être aussitôt qualifié de « raciste ». Ceci ne fait d’ailleurs que montrer la grande confusion d’idées qu’ils essayent à tout prix de semer dans les milieux intellectuels.

La LDH (Ligue des Droits de l’Homme) a publié un communiqué intitulé « la liberté d’expression ne se divise pas » La LDH affirme que les idées de Redeker sont « nauséabondes »[44] Pour la LDH, le Figaro aurait pris la décision « de donner la parole à un discours haineux et de nature à porter atteinte à la paix civile » [45] Faut-il comprendre par là que le texte de Redeker va provoquer une guerre civile ? Rien que ça ?
Mais qu’on se rassure : sur son blog, Alain Gresh réussira quand même à dire que le communiqué de la LDH est « tout à fait équilibré »[46]
Pour Alain Gresh, ce communiqué « conjugue la défense de la liberté d’expression et la prise de distance à l’égard des propos de Robert Redeker »[47]
Que Alain Gresh prenne note : Intimider son interlocuteur quand on n’est pas d’accord avec lui en le traitant systématiquement de raciste pour le mettre mal à l’aise et ainsi le forcer à se taire relève davantage d’une volonté d’imposer sa dictature de la pensée unique que de la « défense de la liberté d’expression ! »

Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS, déclare dans Libération : « On voit au contraire se multiplier des attaques polémiques contre l’islam souvent ignorantes et qui frisent parfois l’imbécillité. Certains jouent délibérément à chatouiller la fatwa »[48] Comme si allait de soi que des attaques, même polémiques et ignorantes, envers une religion justifiaient en retour des menaces de mort ! A noter qu’il ne s’agit pas ici de « fatwa » mais de menaces de mort reçues par mail (comme l’a d’ailleurs très justement rappelé Caroline Fourest sur Prochoix[49]) Mais Olivier Roy est passé à côté de cette nuance.
Il ajoute plus loin « La provocation est certes une vieille tradition française depuis les anars jusqu’aux situationnistes en passant par les surréalistes ; mais il ne faut pas ensuite s’étonner des réactions qu’elles peuvent déchaîner »[50] Olivier Roy aurait voulu dire par là que ceux qui attaquent l’islam ne doivent s’en prendre qu’à eux mêmes quant aux conséquences, il ne s’y serait pas pris autrement.
Olivier Roy, qui a écrit des ouvrages sur l’islam, devrait également admettre que si l’islam subit des attaques polémiques, les premiers responsables sont ceux qui commettent chaque jour des atrocités en son nom.
Et cette déclaration « je ne suis pas convaincu quant au danger d’une auto-censure croissante » ne frise-t-elle pas une certaine forme d’imbécillité elle aussi ?
N’a-t-il pas songé que les menaces de mort qui pèsent sur Ayaan Hirsi Ali, Salman Rushdie et Robert Redeker, l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh vont en décourager plus d’un d’émettre la moindre critique envers l’islam ? Que cette critique soit fine ou polémique d’ailleurs ?
J’aimerai poser une question à Olivier Roy : combien y-a-t-il de personnes réellement courageuses qui sont prêtes à utiliser leur liberté de parole envers et contre tout au risque de voir leur vie menacée par des fanatiques ? Qui a envie de se réveiller chaque matin avec la peur au ventre parce qu’il a reçu des menaces de mort la veille suite à l’écriture d’un article ou suite au tournage d’un film ? Que Olivier Roy ne se fatigue pas à me répondre, j’ai déjà la réponse : pas grand monde.

Un autre directeur de recherche au CNRS, François Burgat, revenant lui aussi sur l’affaire Redeker dans un article publié le 25 octobre 2006, dit de la liberté de parole dont a usé Redeker qu’ « elle flirte, jusqu’à l’embrasser, avec le registre nauséabond de l’insulte raciste »[51] On craint le pire lorsqu’il dit : « Si une fois de plus les Lumières de la pensée médiatique hexagonale n’éclairent qu’un seul des deux côtés de la route, c’est qu’elle tourne dans le cercle vicieux qui oppose indistinctement « islamistes » et « libertés »[52]. François Burgat pense-t-il que les islamistes ne sont pas des ennemis de la liberté ? La réponse à cette question vient plus bas. En parlant de l’affirmation « islamique », François Burgat précise qu’elle « peut tout aussi bien, (…) participer, en les alimentant d’un autre carburant symbolique, à l’affirmation des libertés individuelles et collectives »[53] Evidemment. Pour s’en persuader, rien de tel que de se plonger dans les brochures anti-sémites distribuées par l’UOIF [54], cette même UOIF qui organise chaque année un congrès auquel François Burgat participe (François Burgat devrait peut être mieux choisir ses fréquentations). La lecture des écrits de Youssef Al-Qaradawhi, le théologien de l’UOIF, qui autorise à battre sa femme[55] et qui se demande, concernant l’homosexualité (ce « péché répugnant »[56] comme il l’appelle), si il faut tuer le « passif » ou « l’ actif »[57] finira sans nul doute de convaincre les lecteurs sceptiques. Mais quand François Burgat parle de « liberté individuelle », peut-être s’agit-il de la liberté individuelle d’un batteur de femmes à battre sa femme après tout ?
Enfin, que pouvait-on attendre d’autre de la part de quelqu’un qui met Philippe de Villiers et Charlie Hebdo sur le même plan ? (« ce « Front National »- là »[58] comme François Burgat les appelle tout deux ) François Burgat qui ne sait même plus distinguer le fait de se servir de la peur de l’islam pour tenir un discours anti-immigré (Philippe de Villiers) et la caricature de la religion à des fins humoristiques dans un journal (Charlie Hebdo)

La médiocrité du débat est définitivement atteinte dans un article de la Nation qui disait « Robert Redeker nous offre là l'exemple type d'une pensée scatologique qui se délégitime elle-même et dont la purulence fait plus qu'indisposer » [59] Voilà le niveau auquel est réduit le débat chez une partie de la gauche. Il est inutile de commenter.

Mais le meilleur vient de Danielle Bleitrach dans un article paru sur le site Bellacio[60]. Elle y accuse Redeker d’être un « sioniste »[61] qui défend « Israël et ses crimes »[62] Critiquer l’islam de manière très dure (comme l’a fait Redeker) devient donc du sionisme. Danielle Bleitrach écrit que Robert Redeker développe l’ « islamophobie au nom de ses sympathies sionistes »[63], Bleitrach confond d’ailleurs « sionisme » et « amour des juifs »[64] …
Danielle Bleitrach accuse les Etats Unis d’être « le plus grand danger de l’humanité » [65], elle conclura d’ailleurs « peste soit de l’Amérique »[66], sa haine de l’Amérique qu’il lui fait bien sûr fermer les yeux face au danger islamiste et terroriste qu’elle ne mentionne à aucun moment (et qui est pourtant aussi dangereux que la gestion désastreuse de Bush dans le conflit Irakien)
Pour elle, l’Europe est la seule responsable de tous les maux de la planète depuis des siècles : croisades, colonisation, génocide des sud américains, guerres de 14-18 et 39-45, nazisme[67] … (à noter que les islamistes eux mêmes n’auraient pas dit mieux).
Elle désigne l’Europe en parlant de « continent nazi »[68], sous-entendant que Redeker doit se sentir le fils de ce « continent nazi » pour avoir écrit ce qu’il a écrit sur l’islam.
Elle accuse Redeker de vouloir enrôler pour « d’immondes croisades »[69] et d’accomplir ainsi des « crimes dont il serait coutumier »[70] ….Quelle rigolade de la voir suggérer à Redeker de garder sa haine pour lui , elle qui n’a que haine pour l’Europe et l’Amérique ! Peut être devait-elle commencer par exiger d’elle même ce qu’elle exige des autres.

Si cette partie de la gauche, mise à jour à travers ces différents articles, avait encore un tant soi peu de bon sens, elle aurait eu l’honnêteté de rappeler les points suivants :
* Critiquer très durement l’islam (comme l’a fait Redeker) n’est pas du racisme mais peut être utilisé à des fins racistes ce qui est très différent.
* Ceux qui contribuent à provoquer un choc des civilisations et qui sont des semeurs de haine ne sont pas les Redeker, ce sont avant tout :

1- Les égorgeurs et les poseurs de bombe qui sèment la mort partout dans le monde en criant le nom d’Allah.

2- La politique désastreuse d’un Bush ou d’un Poutine en guerre contre le terrorisme qui en réalité n’en finit plus de faire des milliers de victimes innocentes et par la même occasion de renforcer le sentiment anti-occidental.

Et si cette même gauche avait encore quelques notions de ce qu’est un débat démocratique dans notre pays, elle aurait, au lieu de répondre sur le ton de l’injure et de la diffamation, expliqué pourquoi l’amalgame islam / islamisme (que fait Redeker) est faux et pourquoi l’islam n’est pas plus porteur de violence que le christianisme.
C’est en répondant à cette question et en donnant la parole aux musulmans modernes et éclairés que l’on détruira les préjugés envers l’islam et les musulmans.

Si cette « gauche » avait encore un minimum d’équité, elle aurait demandé à Robert Redeker, avant de se lancer dans ce qui n’aura été qu’un lynchage pur et simple, de s’expliquer quand il affirme (très maladroitement c’est vrai) que : « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran ». Parce que, en réalité, cette phrase de Robert Redeker peut être lue de deux manières :
* Est-ce que Redeker a voulu dire que tout les musulmans sont par définition des êtres haineux et violents à cause du Coran ? (ce qui, dans ce cas, serait bien un appel à la haine envers les musulmans et donc une forme de racisme et donc condamnable comme tout autre racisme)
* Ou est-ce que cette citation de Redeker est-elle en réalité celle d’un homme inquiet qui finit par s’interroger sur l’influence et la place que peuvent avoir le Coran dans la vie d’individus en regard, par exemple, à l’embrasement du monde arabo-musulman au moment de l’affaire des caricatures ? (et auquel cas ce questionnement serait légitime)

Le propre du débat aurait été de laisser Robert Redeker s’expliquer avant toute condamnation en racisme. Mais cette « gauche », lâche et haineuse, aura préféré lui ôter toute possibilité de parole pour pouvoir mieux le salir.
Vouloir censurer Redeker et quiconque critique l’islam, en portant l’éternelle accusation en racisme et en « islamophobie », fera le jeu des fascistes de l’islam politique liberticide et réactionnaire , cet islam politique qui veut tuer la liberté de penser et la libre critique de la religion (que cette critique soit fine ou pas d’ailleurs !).
La gauche obscurantiste, en hurlant au côté des fascistes de l’islam politique, a hideusement déformé le combat anti-raciste qui lui était sien. C’est bel et bien cette gauche (et non Redeker) qui, en se rangeant du côté des bourreaux, contribue à alimenter un climat malsain dans notre pays.

Pierre Tévanian déclarait sur le site islamiste Oumma.com que Robert Redeker « déshonore (…) la corporation des professeurs de philosophie »[71] N’en déplaise à Pierre Tévanian, c’est la complaisance envers des fascistes qui est un déshonneur, mais pas envers les philosophes : envers les démocrates du monde entier que la gauche obscurantiste trahit chaque jour.
De part les réactions aussi haineuses qu’avilissantes qu’il a suscitées, Robert Redeker n’a jamais autant mérité notre soutien (alors que pourtant nous sommes en désaccord avec son texte !)

Caroline Brancher



[1] Site Oulala, http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2616 , par Pascal Boniface
[2] « Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c… »,par Leïla Salem, 05/10/2006, http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4173 [3] Idem
[4] « Injures et menaces pas en notre nom », par Pierre Tévanian, 01/10/2006, http://www.oumma.com/spip.php?article2185 [5] Idem
[6] « Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c… »,par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info
[7] Idem
[8] Idem
[9] Idem
[10] Idem
[11] Idem
[12] Idem
[13] Idem
[14] Idem
[15] Idem
[16] Idem
[17] Idem
[18] Idem
[19] « Tirs croisés », Caroline Fourest et Fiammetta Venner, éditions Calmann-Levy
[20] Sites islamistes « La voix des opprimés » www.stcom.net , www.islamiya.info
[21] « Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c… »,par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info [22] Emissions : « C dans l’air – Le temps des fatwas », France 5, 6 octobre 2006, « Mots croisés - L’islam face à la critique », France 2, 17 octobre 2006, « Ce soir ou jamais ! - Redeker liberté d’expression », France 3, 3 octobre 2006
[23] « Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c… »,par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info [24] Idem
[25] Site islamiste « La voix des opprimés » www.stcom.net, forum www.mejliss.com
[26] « Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c… »,par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info [27] Communiqué du MRAP : Quand la provocation génère l’inacceptable, par Mouloud Aounit
[28] Idem
[29] Idem
[30] Dépêche Novopress http://ch.novopress.info/?p=1392
[31] Idem
[32] Idem
[33] Idem
[34] Idem
[35] Communiqué des militants du MRAP, http://www.prochoix.org/cgi/blog/2006/10/26/971-communique-de-presse-de-militants-du-mrap-a-propos-de-l-attitude-de-mouloud-aounit-lors-de-l-arene-de-france
[36] Blog d’Alain Gresh, http://blog.mondediplo.net/, Peut-on encore critiquer l’islam ?, 01/10/2006
[37] Idem
[38] Idem
[39] Idem
[40] Idem
[41] Idem
[42] http://www.tariqramadan.com/article.php3?id_article=782, un des commentaires qui suivent l’article
[43] http://prochoix.org/cgi/blog/2006/09/21/863-quelques-remarques-au-sujet-du-pape-de-l-islam-et-du-figaro-fiammetta-venner
[44] Communiqué de la LDH, « la liberté d’expression ne se divise pas »
[45] Idem
[46] Blog d’Alain Gresh, http://blog.mondediplo.net/, Peut-on encore critiquer l’islam ?, 01/10/2006
[47] Idem
[48] Libération du 30 septembre, Olivier Roy
[49] http://www.prochoix.org/cgi/blog/2006/10/17/949-affaire-redeker-restons-precis-caroline-fourest
[50] Idem
[51] http://www.oumma.com/spip.php?article2213, par François Burgat, 25/10/2006
[52] Idem
[53] Idem
[54] « OPA sur l’islam de France : les ambitions de l’UOIF », Fiammetta Venner, éditions Calmann-Levy
[55] « Le licite et l’illicite en islam », Youssef Al-Qaradawhi, éditions tawhid
[56] Idem
[57] Idem
[58] http://www.oumma.com/spip.php?article2213, par François Burgat, 25/10/2006
[59] La Nation, Djibouti, 11 octobre 2006
[60] http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=34307
[61] Idem
[62] Idem
[63] Idem
[64] Idem
[65] Idem
[66] Idem
[67] Citation en entier : « Foutez- nous la paix Redeker et si vous avez de la haine à revendre, si vous vous sentez encore et toujours le fils de cette Europe qui a produit en quelques siècle, les croisades, le génocide des amérindiens, le martyrs du continent noir et l’esclavage, le colonialisme, deux guerre mondiales, l’extermination nazie et qui aujourd’hui de toutes ses forces son allié US qui est le plus grand danger sur l’humanité, donc Redeker si vous vous sentez l’enfant de ce continent nazi, ne nous enrôlez pas dans vos immondes croisades, et ne prenez pas le prétexte de nous défendre pour accomplir les crimes dont vous êtes coutumiers » (1) Cholem-Aleikhem. La peste soit de l’Amérique (et de quelques autres lieux).
[68] http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=34307
[69] Idem
[70] Idem
[71] « Dix remarques sur un ‘collègue’» , par Pierre Tévanian, 30/09/2006, http://www.oumma.com/spip.php?article2184

 

 

 

 

par Caroline Brancher publié dans : Islamo-gauchisme
Mardi 17 octobre 2006

L'élan de solidarité, naturel et nécessaire, envers Robert Redeker ne doit pas nous empêcher de rester rigoureux et précis.

Lors de l'émission Mots Croisés, où je participais lundi soir, le mot de "fatwa" a plusieurs fois été prononcé. Il est inexact. Robert Redeker a reçu des menaces de morts par mail et sur internet. Nous savons que ces messages servent aujourd'hui de consignes — puisque contrairement à l'époque de Rushdie, il n'existe pas d'Etat islamique avec à sa tête un Mollah pouvant prononcer une fatwa ayant une telle résonance.

Nous vivons néanmoins, surtout au moment des caricatures, des "affaires" comparables à celle de l'affaire Rushdie.

La consigne donnée contre le Figaro par le cheikh islamiste Youssef al-Qaradawi le 20 septembre, est plus ambigue. En tant que savant islamique délivrant des avis religieux sur Al-Jazira, ses propos peuvent avoir valeur de fatwa. La dépêche AFP, sur laquelle nous nous basons tous, ne disait pas si Youssef al-Qaradhawi a attaqué Le Figaro ou Robert Redeker de façon nominative. Même si le fait d'orienter la colère contre son article mène inévitablement à lui... Nous sommes en train de vérifier et nous ne manquerons pas de publier l'extrait citant fidèlement ses déclarations dès que nous l'aurons récupérée et analysée.

En attendant, restons vigilant et précis. Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il s'occupait "personnellement" de la sécurité de Robert Redeker. Le zèle avec lequel agit la police dans cette affaire et cette attention toute personnelle doive nous conduire à rester fermes sur nos principes mais vigilants quant à d'éventuelles instrumentalisations plus politiques que réellement laïques.

Caroline Fourest rédactrice en chef de la revue ProChoix

par Caroline Brancher publié dans : Islamo-gauchisme
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