Mardi 17 octobre 2006
> Alain MADELIN, député Ile-et-Villaine (UMP)

> Vincent PEILLON, député européen (PS)

> Caroline FOUREST, essayiste et journaliste à Charlie Hebdo

> Rachida KHALIL, comédienne

> Frédéric LENOIR, philosophe et sociologue, directeur de la rédaction du Monde des Religions

> Abdennour BIDAR, professeur de philosophie

> Mahmoud DOUA, membre de l’UOIF, enseignant en anthropologie et sciences politiques à l’université de Bordeaux

> Jean-Marc ROUBAUD, député du Gard (UMP) , auteur de la proposition de loi visant à interdire le blasphème

L'islam face à la critique
Vidéo envoyée par prochoix
par Caroline Brancher publié dans : Vidéos Prochoix
Samedi 14 octobre 2006
Jeudi 4 décembre au soir, sur le plateau de « Campus », l'émission de Guillaume Durand diffusée sur France 2, Caroline Fourest, Claude Allègre, Xavier Darcos, Dalil Boubaker, Jacques Alain-Léger, Pascal Bruckner et Tariq Ramadan étaient invités à débattre de la laïcité. Le professeur suisse, mais surtout ambassadeur du réformisme néo-salafiste des Frères musulmans est arrivé dans les coulisses de France 2 entouré d'une cour : huit gardes du corps et deux filles voilées.

Les deux jeunes filles voilées, récemment converties, ont réclamé à être sur le plateau : "pour représenter l'immigration". Ce qui a quelque peu perturbé les membres de l'équipe TV, dont certaines étaient vraiment issues de l'immigration. On aurait aimé filmer l'échange assez comique survenu entre Fiammetta Venner*, Dalil Boubaker et les deux jeunes filles. Fiammetta Venner et le recteur de la Mosquée de Paris s'adressant tous deux en arabe aux deux jeunes filles, perdues et ne comprenant pas un mot, jusqu'à ce qu'elles avouent s'être récemment converties et ne pas parler un mot d'arabe. Ce qui a suscité ce conseil ironique de Fiammetta Venner: "Un conseil, avant de vous voiler, apprenez au moins à lire le Coran dans le texte !" Elles n'ont pas obtenu d'être sur le plateau.

Pendant ce temps, les gardes du corps de Ramadan se sont séparés en deux groupes pour prendre place dans les loges dans deux endroits différents, tout en restant en contact par tawlkie-walkie et non sans se priver de jeter des regards menaçants aux autres invités. Au point qu'un responsable de la sécurité de France 2 a tout de même fini par s'inquiéter à haute voix devant les invités médusés : "La production est vraiment inconsciente. Vous n'avez aucune idée de qui est Ramadan. Vous auriez du être clairs. Il n'est pas question que je laisse entrer des hommes en armes sur le plateau" !

Étaient-ils vraiment armés ? Impossible de le vérifier. En tous cas, ce happening et la nervosité des services de sécurité obligés de tenir à distance les invités du clan Ramadan ont planté le décor. Une mise sous terreur en bonne et due forme qui laisse imaginer le calme et le cran qu'il a ensuite fallu àux contradicteurs de l'islamiste. En particulier à Caroline Fourest qui a révélé à ceux qui en doutaient le danger que représente Tariq Ramadan.

Le reste est de l'histoire télévisée habituelle : un débat confus, qui aura une fois de plus donné de la visibilisé à un démagogue. Il y a 20 ans, un autre démagogue frappait à la fenêtre des médias français. Et, au nom de la liberté d'expression, nous avons laissé parler Jean-Marie Le Pen, et parler et parler. En 1995, 139 heures de télévision lui ont été consacrées… contre trois heures en 1985.

Après « Campus », Ramadan passera chez Franz Olivier Giesberg (« Cultures et dépendances »). Décidément, l'histoire ne sert à rien.

Campus Ramadan/Fourest
Vidéo envoyée par prochoix
par Caroline Brancher publié dans : Vidéos Prochoix
Mardi 30 mai 2006

Ce dimanche, l’émission « Arrêt sur Image », sur la cinq, était consacrée, dans sa dernière partie, au traitement médiatique de ce qu’il convient d’appeler maintenant « l’affaire Ayaan Hirsi Ali ».

Etaient invités par Daniel Schneidermann Caroline Fourest et Olivier Roy. Parmi les cautions universitaires de l'islam politique, ce dernier n'est pas la plus négligeable. Directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, sa carte de visite est une aide fort utile à une cause gourmande de l'argument autorité. Son propos s'inscrit remarquablement dans le mélange de tromperie et d'illusion entretenu par l'islamogauchisme. Et comme toujours, quand une thèse ne résiste pas à l'observation, on manipule les faits.

Olivier Roy, avec le concours des Editions Stock s'était abandonné à cette basse pratique de la décapitation politique dans un livre dont on appréciera le titre : "La laïcité face à l'islam". On imagine mal en effet, sous sa plume, le titre inverse : "L'islam face à la laïcité"... Le chercheur y relayait les calomnies proférées par Xavier Ternisien, Vincent Geisser et le MRAP à l'encontre de notre collaborateur Jocelyn Bézecourt en voulant, par là, atteindre le camp laïque, dont l'UFAL et Respublica. Mal lui en prit puisque les Editions Stock ont reconnu le caractère injurieux de ces écrits et s'étaient engagées à ne pas les reproduire dans les éventuelles éditions ultérieures. Mais il en faudrait plus pour tempérer la collaboration de Roy avec les fanatiques. Sa présence au congrès de l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) en 2005, et renouvelée en 2006, assure de sa fidélité à la cause de l'organisation proche des Frères Musulmans. Etonnante dérive d'un intellectuel qui, en 2001, dénonçait pourtant le prosélytisme de l'UOIF et de Tariq Ramadan (Colloque "L'intégrisme islamique en France et en Europe", Paris, 7 et 8 avril 2001), considérés aujourd'hui comme beaucoup plus fréquentables...

Voici donc présenté l’homme qui devait donner la réplique à Caroline Fourest, bête noire des islamistes et des gauchistes d’Allah. Il eut trois interventions qui illustrent l’aveuglement, ou bien la duplicité, du personnage. Ayaan Hirsi Ali a dit avoir subi un mariage truqué. Première intervention, dans un style très instituteur et donneur de leçons : « On confond toujours, en occident, un mariage arrangé et un mariage forcé, ce n’est pas du tout la même chose ». Et d’expliquer la subtilité de la nuance : un mariage forcé se fait sans l’accord des parents, alors qu’un mariage arrangé, les parents sont d’accord. Donc, Ayaan a menti, puisqu’elle a parlé de mariage forcé, alors qu’il était arrangé !

Caroline Fourest, avec son sang-froid habituel, saura répondre qu’il faut être un homme pour ouvrir une polémique sur de telles subtilités, et que le fait essentiel, selon elle, était que la jeune femme n’était pas d’accord pour épouser un homme qu’elle n’avait pas choisi. Elle sut affirmer qu’entre le témoignage de la victime et celui des bourreaux, son choix était fait.

Sonné, Olivier Roy voulut contre-attaquer. Après le passage du documentaire à charge, où on entendait le mari, au téléphone, affirmer que sa femme était consentante dans leur mariage, et la tante, toute voilée, mais de dos, Caroline Fourest eut beau jeu de démontrer que, pour un mari qui comblait une femme qui l’avait librement choisi, il n’était pas d’un extrême courage pour défendre sa copie, refusant de parler à visage découvert. Elle tint aussi à souligner que l’islam n’empêchait la tante de s’exprimer devant la caméra, même voilée de la tête aux pieds, plutôt que de tourner le dos. Caroline put donc facilement démontrer que le documentaire, au contraire, renforçait la version d’Ayaan, de par la posture de ses deux principaux détracteurs, l’ancien mari et la tante. Beaucoup trop simple, pour un directeur de recherches au CNRS. « Etes-vous certains que ce n’est pas le réalisateur qui leur a demandé de tourner le dos à la caméra, pour faire du sensationnel ? » interpella l’ami de l’UOIF. Même Daniel Scheidermann en fut un moment soufflé, avant de lui démontrer l’énormité de son hypothèse, au niveau journalistique.

Il restait la conclusion. Bien sûr, on parla du prochain départ de l’ancienne députée hollandaise aux Etats-Unis, et de sa prise en charge par une organisation proche des neo-conservateurs américains. Croyant tenir sa revanche, Olivier Roy, sans trop en faire, voulut insister sur l’instrumentalisation, depuis toujours, d’Ayaan par la droite conservatrice, et cru bon d’ironiser sur les contradictions que ses choix allaient connaître, avec ses nouveaux protecteurs. Bref, les attaques d’Ayaan contre l’islam étaient manipulées depuis toujours par la droite catholique, bas les masques !

Là encore, Caroline fut excellente, sans trop en faire. Elle sut rappeler qu’Ayaan était une femme de gauche, athée, féministe, qu’elle avait découvert le racisme de la conception multiculturelle de la gauche aux Pays-Bas, et que, pour continuer son combat, elle avait dû changer de cap, et s’inscrire chez les libéraux. Tout en disant qu’elle regrettait le choix d’Ayaan, et qu’elle avait beaucoup écrit contre ses nouveaux protecteurs, elle sut dire qu’elle, Caroline Fourest, ne donnerait jamais de leçons de Paris à une militante qui a traversé toutes ces épreuves (excision, port du voile obligatoire, mariage forcé) depuis son enfance. Elle sut dire avec force que, quand on vit sous haute protection depuis plusieurs années, avec des gardes du corps présents 24 heures sur 24, et qu’on est menacé de mort, on a le droit de choisir une solution qui préserve sa liberté et sa vie, et surtout pas celui de juger confortablement cette femme depuis un plateau de télé parisien. Bravo à Daniel Schneidermann pour son animation, bravo à Caroline Fourest pour la qualité de sa démonstration. Quant à Olivier Roy, il lui reste les colonnes d’oumma.com, celles des Indigènes de la République (islamique) ou bien le prochain congrès de l’UOIF pour essayer de calomnier Ayaan Hirsi Ali et ceux qui la défendent.

Jeanne Bourdillon

par Caroline Brancher publié dans : Vidéos Prochoix
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